Tu me manques

1208800-queens.jpgAssise au bout de ta table, tu te plaisais à regarder du coin de l'oeil les jeux télévisés qui passaient en boucle et grommeler au passage d'une miss météo qui te déplaîsait au plus haut point. Tu avais le verbe haut, souvent fleuri, toujours juste. Tu nous racontais en riant des anecdotes de ta vie passée. Nous riions de bon coeur en t'entendant nous parler de tes chaussons oubliés dans le four quand tu voulais juste les réchauffer, de tes maladresses répétées et de ta vie de comédienne bohème. Tu nous entretenais sur les choses de la vie sans gêne ni fioriture. Tes yeux pétillaient de malice quand tu arrivais à nous faire rougir. Bien souvent, dans ton petit appartement si chaleureux, régnait une odeur appétissante : reine des crapés aux pommes, déesse de la blanquette de veau, impératrice du rôti de porc...tu nous as fait découvrir les véritables saveurs des plats traditionaux. Après un copieux repas, tu essayais de nous battre au jeu. Avec toi, je ne jouais qu'au rami. Ta mauvaise foi était attendrissante et j'aimais te faire perdre uniquement pour te faire enrager et t'entendre ronchonner : "C'est d'la merde ton jeu !". Durant ces parties, nous échangions sur nos vies. Je te racontais mes péripéties amoureuses, tu me parlais de tes amants et de tes aventures fantasques. Ton passé faisait écho avec mon présent. Nous n'étions pas si différentes finalement.

Chez toi, c'était la maison du bonheur. Jamais tu n'y étais seule tant ta compagnie était précieuse. Des voisins, des amis, de la famille...nous aimions tous venir passer quelques instants avec toi. Des personnes comme toi, on les croit éternelles, elles ne peuvent pas disparaître. Et pourtant...

Tu nous as abandonnés le 20 octobre 2008, laissant derrière toi un vide immense et des coeurs inconsolables. Tu as longuement et courageusement combattu une maladie qui te rongeait le corps. Mais elle a gagné et t'a emportée loin de notre amour. Où que tu sois désormais, je sais que tu continues à veiller sur nous. Je sens ta présence à mes côtés et tu m'insuffles chaque jour une force et une énergie remarquables. On me dit souvent que ma plus jeune fille te ressemble : j'en suis très fière. Puisse-t-elle posséder ta générosité et ta gentillesse. Mamie, Mémé, Mère-Grand, tels étaient les surnoms que je te donnais. D'autres t'appelaient Suzanne, Sussu ou encore  maman.

Tu me manques. Je t'aime.

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Commentaires (1)

Stéphanie
  • 1. Stéphanie | Jeu 11 Avr 2013
La larme a l oeil tu arrives a écrire je pense ce que tout le monde ressens après la perte d un être cher.

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