L'art de la paresse

paris-musee-dorsay-van-goghs-la-meridienne-ou-la-sieste-dapres-millet-2.jpgSavoir paresser...Voilà peut-être l'une des valeurs fondamentales que mes parents ne m'ont pas inculquée. Elevée dans le respect du travail, on ne m'a jamais appris à ne rien faire. Je devais sans cesse être en perpétuel mouvement et paresser ne faisait pas partie de notre vocabulaire.

Et pourtant ... Devenue adulte, je me rends compte à quel point la paresse est non seulement admise mais aussi indispensable. Bien sûr, je ne vous parle pas de trouver toutes les atuces possibles pour ne plus jamais lever le petit doigt de votre vie. Non non, je parle de ces moments sacrés dans une journée (ou dans une semaine pour les plus acharnés) durant lesquels on s'octroye le droit de ne rien faire du tout. S'asseoir dans un divan moelleux, s'emparer d'un magazine, d'un livre, ou uniquement muni de son imagination, et se laisser porter par le plaisir de se recentrer sur soi. Certains préfèreront s'immerger dans un bon bain chaud dans lequel ils auront jeté quelques paillettes de savon. Ils savoureront cet instant si délicieux de plonger d'abord leur pied dans la mousse avant de toucher l'eau. Ils prendront le temps de se familiariser avec la douce chaleur qui s'en émane puis se hisseront dans la baignoire. Ils s'installeront délicatement, sentant chaque parcelle de leur corps se détendre au fur et à mesure de leur progression puis, s'allongeront, dans un soupir d'aise, les yeux clos. Le bain est un moment intimiste, presque égoïste. On ne fait rien d'autre que s'occuper de son bien-être.

Autre moment privilégié dont on aurait tort de se priver : la sieste. Aujourd'hui destinée aux jeunes enfants ou à nos anciens, la sieste a mauvaise presse et bien souvent, quand un adulte bien portant annonce qu'il va faire un petit somme en début d'après-midi, on lui demande s'il est malade. Mais depuis quelques temps, je vois fleurir dans les magazines (que je lis durant mes moments de paresse) des articles vantant les bienfaits de la sieste. Il était temps ! Dorénavant, les personnes qui se sentent coupables de se reposer juste après le déjeuner vont pouvoir se décomplexer et profiter pleinement de ces instants de repos salvateur.

Et pour les petits chanceux qui habitent la campagne, la sieste peut être un éveil de tous les sens. Montez tout au-dessus d'une colline, asseyez-vous à l'ombre de ce chêne centenaire et regardez autour de vous en inspirant profondément. Vous vous imprégnez alors d'un air pur aux douces senteurs végétales, tout en admirant un paysage verdoyant et buccolique. Votre corps frissonne légèrement, un sourire se dessine sur votre visage détendu et le chant des grillons accompagne votre rêverie. C'est à cet instant précis que Morphée vient vous cueillir. La paresse est alors élevée au rang d'art.

En un mot, pour vivre heureux, vivons paresseux.

Pontarlier écrivain public nègre biographe

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