Faut que j'bosse !!

  • Par styl-o
  • Le Lun 18 Jan 2016
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6h30, le réveil sonne. Enfin, comprenez, Louis a faim et nous le fait savoir en jouant de la corde vocale. Un oeil s'ouvre difficilement sur une journée qui s'annonce bien remplie. J'extirpe de sa turbulette un petit garçon coiffé au jus de nez. Et lorsqu'il me tousse au visage avec une projection de postillons de taille conséquente, je comprends immédiatement que ma journée sera placée sous le signe de la poésie.

Malgré tout, je garde la positive attitude : j'ai beaucoup de choses à faire aujourd'hui et sérieux, faut que j'bosse. CV à terminer pour un ami, CV à trier pour le boulot, papiers à remplir, cacheter, envoyer ...

Direction la cuisine avec les mouflets au meilleur de leur énergie. Je prépare le biberon du plus jeune (nota : penser à bien visser la tétine avant de secouer), mélange le cacao dans le lait sous les cris déchirants de ma cadette qui voulait le faire elle-même et tends ma tasse de café à mon ainée médusée.

«Allez les chouchous, on fait vite, faut que j'bosse !»

Une fois le petit déjeuner avalé (et le jus d'orange de Clémence épongé sur le sol), direction les chambres pour un habillage aussi laborieux que bruyant : hurlements de Valentine à la vue du pantalon rose à fleurs que je lui ai choisi (comprends pas d'ailleurs, il est choupi ce rescapé des années 80), envie subite de mon ainée de faire la crêpe sur son tapis plutôt que de s'habiller et crise aigue de câlins de mon fiston, ponctuée de mouchage sur pyjama (le mien, cela va sans dire).

Finalement, les enfants sont habillés (les fleurs se marient élégamment avec les rayures du pull de Valentine) et les filles sont coiffées (pour être plus précise, les cheveux sont attachés de façon expérimentale dans le seul but de libérer leurs yeux).

Direction l'école ! Je vous ferai grâce des sauts dans les flaques et de la gamelle de Clém en voulant passer par dessus une gouttière. Je ne perds pas mon objectif de vue et jette rapidement les écolières dans leur classe respective. Je fonce, poussette en main, en direction de la maison. Je m'arrête tout de même pour saluer ma charmante petite voisine à qui il arrive toujours des tas de trucs palpitants qu'elle doit absolument me raconter. Un quart d'heure plus tard, gelée d'être restée plantée sur le trottoir à l'écouter me parler du temps qui se dégrade, je rejoins mes pénates.

La première chose que je constate en ouvrant la porte c'est que je n'avais pas débarassé la table du petit déjeuner. Et comme c'est là que je dois bosser, eh bien, je n'ai pas d'autres choix que de m'y mettre.

Il est déjà 9h30 lorsque Louis, jusqu'ici occupé à épiler le ficus, me signale discrétement que sa couche est pleine. Je monte à l'étage, mon paquet odorant sous le bras et entreprends un bras de fer avec un asticot peu enclin à se laisser faire. Une fois le déballage de l'enfant effectué, j'ai le loisir de constater que sa couche n'était pas aussi premium que l'emballage le laissait supposer et que le body avait fait les frais d'un repas aux lentilles trop copieux la veille. La douche s'impose, je ne peux laisser mon fils faisander de la sorte. La douche se tranforme vite en petit bain. Les petites mains s'agitent dans tous les sens, éclaboussant largement les murs et tous les obsctacles se trouvant à proximité (je suis donc un obstacle).

Sortir un bébé de son bain demande toujours beaucoup de diplomatie («Tu vas prendre froid» «C'est bon, tu es tout propre maintenant !» «Si tu restes encore plus longtemps, ta peau va finir par fondre») dont l'enfant se fout royalement la plupart du temps. C'est donc dans les cris et les coups de pieds lancés à l'aveugle que j'extirpe mon poupon hors de l'eau et l'habille tant bien que mal.

Echevelée et transpirante, je rejoins mon salon et son bordel.

Les filles avaient décidé de «jouer un peu» avant de prendre le chemin de l'école : puzzle, crayons (que Louis a trouvés avant moi et dont il se sert déjà sur le canapé), balles et autres pièces de construction jonchent le sol (ma voute plantaire vient également de dénicher un Légo).

Je me penche avec la souplesse d'une table pour ramasser les jouets, assez peu aidée par mon fils qui ressort tout ce que je mets dans les bacs pour les relancer à l'autre bout de la pièce.

«Arrête bon sang !! Faut que j'bosse !!»

 

10h20, je rends les armes et laisse le salon entre les mains délicates de Louis qui, extatique de posséder un tel pouvoir, s'empresse d'exercer sa souveraineté sur la terre de mes plantes. J'empoigne mon ordinateur et file à la cuisine.

A l'allumage, mon cher appareil me fait comprendre qu'il doit ab-so-lu-ment se mettre à jour. Je soupire et allume ma bouilloire. Un thé, voilà qui est parfait !

 

La sonnerie infecte de mon téléphone retentit, faisant instantanément danser Louis. Ma mère :

 

«Je peux passer à quelle heure ?

- Pour ?

- Ben pour récupérer ma voiture !

- Eh oui ! (bordel, la voiture ! J'avais zappé). Viens donc manger !

- J'arrive !»

 

Il me reste donc...15 minutes. Mon PC est toujours en train de mouliner et mon frigo crie famine. Attention, improvisation : 3 filets de cabillaud au congel, 4 pommes de terre qui germent dans un carton. Parfait ! Un délicieux parmentier de poisson se prépare.

J'installe Louis dans sa chaise haute et fais en sorte qu'il ne chope pas d'épluchures de pommes de terre, dont il raffole particulièrement.

Ma mère arrive, il est 11h15, les filles sortent dans moins d'une demi-heure.

Je bosserai cet après-midi.

 

Et j'ai pas bu mon thé.

 

 

A suivre...

Commentaires (1)

laury
je suis PLIER de rire
ben ouais c’était évident !

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