Haut Doubs

Les 10 trucs que tu fais quand t'es vraiment fatigué

Study 2 656292 mLa fatigue, ce formidable état second durant lequel il peut t'arriver plein de choses. Voici le top 10 des trucs que tu ne fais que quand t'es vraiment fatigué (testé et approuvé par moi-même ... pour la plupart ! Je vous laisse le plaisir de deviner lesquels.)

1 : Tu rentres des courses d'un pas las, tu ranges toutes tes affaires en baillant puis tu passes trois jours à rechercher ton portemonnaie. Ce dernier prenait tout simplement le frais entre les yaourts et le fromage.

2 : Henri Dès chante "Je suis avaec maman, je suis avec papa...etc" sur l'autoradio, repris en choeur par deux enfants survoltés. Et toi, tu pianotes sur ton volant en te demandant pourquoi diable ce feu rouge est si long. Puis au bout de cinq bonnes minutes d'attente, tu prends conscience que ce stop ne passera jamais au vert !

3 : Ca te revient subitement ! Tu te précipites donc la cuisine, d'un pas alerte puis, arrivé devant l'évier, tu te demandes ce que tu fous là.

4 : Au téléphone : "Ok, c'est noté. Merci beaucoup. Gros bisous." La prochaine fois, essayer de se souvenir qu'il s'agit d'un agent des impôts.

5 : Il en met bien du temps à chauffer ce lait. Snif, snif...C'est quoi qui pue comme ça ?? Le torchon laissé sur la plaque que tu as allumée il y a dix minutes dans l'espoir de boire du lait chaud. La casserole est, quant à elle, toujours aussi fraîche !

6 : Te faire expliquer le dernier sketch de Kev Adams parce que tu le juges trop compliqué.

7 : Rigoler comme un dingue à l'explication du-dit sketch, terminer en fou rire, t'étouffer.

8 : Le téléphone sonne, tu te précipites pour répondre (en te fracassant l'orteil sur la table basse au passage) et fais "Allô" à la télécommande.

9 : Errer dans les rayons du supermarché et saluer un client : "Bonjour monsieur...euh pardon, madame !" "Pas grave mon chéri..." C'était maman.

10 : Cela fait dix bonnes minutes que tu t'échignes à aplatir ton épis rebelle avec ta laque habituelle. Les particules volent autour de ta tignasse mais rien ne semble vouloir en venir à bout. En plus, elle fouette cette laque, un peu comme le produit pour les toil...Ah ben voilà, c'est ça ! Tu sens la fraîcheur marine pour toute la journée maintenant !

Bonne nuit à tous !

La rage de vivre !

Looking forward 930436 mI : Au commencement...

Assise sur une chaise en plastique quelque peu élimé, Elle regarde avec amusement les magazines qui tapissent la petite table ronde posée dans le coin de la salle d'attente. Quelques nouveautés apportées par des patients généreux côtoient d'anciennes éditions, déjà présentes l'année dernière. La pièce est baignée de soleil, et par la fenêtre ouverte, Elle peut entendre des oiseaux lancer des trilles joyeux, vibrants, vivants. Elle se dit que ces chants sont un heureux reflet de son état d'esprit aujourd'hui. Elle sourit. Elle se souvient. Tout avait si étonnamment commencé.

Sa voiture qui lâchait subitement, suivi de près par sa télévision et sa machine à laver, le tout en une seule et même journée. Cela faisait beaucoup d'un coup, beaucoup trop ! Un besoin irrépressible s'était alors insinué en Elle : Elle avait besoin de se recentrer sur Elle-même. Le matériel lâche ? Eh bien, Elle prendrait soin de son corps. Rendez-vous fut pris chez un proctologue pour commencer. Ces saignements à répétition étaient très certainement dus à un accouchement difficile mais cela faisait déjà 14 ans, ça devenait long. Il était temps de les faire cesser et de soigner ces hémorroïdes coriaces. Ensuite, Elle irait sûrement s'offrir un massage et, pourquoi pas, une nouvelle coupe de cheveux. Ses longs cheveux roux méritaient un bon rafraîchissement.

II : Verdict

Il faisait une chaleur écrasante ce jour-là. Elle suffoquait et le livre qu'Elle agitait devant son visage ne lui apportait qu'un maigre souffle chaud. Le médecin L'appela enfin. Son accent grec, sa bonhommie et sa bonne humeur La mirent tout de suite à l'aise. L'examen qu'Elle dut subir en aurait rebuté plus d'une mais un fou rire L'agita quand il lui demanda l'autorisation d'aller fouiller son anatomie. En dépit des soubresauts, le médecin put mener à bien son inspection et ce qu'il y trouva ne fut pas pour lui plaire. Elle put se rhabiller mais les nouvelles n'étaient pas bonnes : Elle devait passer très rapidement une coloscopie.

Une semaine plus tard, Elle émergeait des brumes de l'anesthésie. Son médecin grec était penché vers Elle. Son visage fermé ne laissait rien présager de bon. Il n'alla pas par quatre chemins : "C'est le cancer. Il faut agir...vite !" Elle resta silencieuse, tentant de digérer cette nouvelle, une mauvaise parmi tant d'autres. "Vous pouvez m'en dire un peu plus ?" "Je vais vous expliquer avec l'image d'un millefeuille posé sur une assiette. Le cancer se dépose dessus. Quand il est sur la couche de sucre, c'est pas grave : on enlève, on nettoie et c'est tout. Pareil s'il attaque la première couche de crème. Par contre, quand il commence à s'en prendre à la deuxième couche, c'est plus inquiétant." "D'accord...Et le mien, il se situe où dans le millefeuille ?" ... Silence..."Il attaque l'assiette...".

Une pensée saugrenue survint immédiatement dans Son esprit embrouillé : "La coupe de cheveux allait être radicale !"

III : Ne rien lâcher

Très vite, Elle rencontra un oncologue qui lui expliqua tout ce qui l'attendait : la chimiothérapie, la radiothérapie, la fatigue, les nausées, la poche, la perte de ses cheveux...et le risque que tout cela ne fonctionne pas. "D'habitude, on parle de 50/50, lui avait-il dit. Mais là, au vu de l'avancée de votre cancer, je parlerais plutôt de 20/80...Il faut vous accrocher !". Elle aurait pu s'effondrer, hurler sa détresse devant tant d'injustice, être terrorisée par le sort funeste que lui annonçait le médecin, s'avouer vaincue face à l'implacable verdict. Mais Elle n'en fit rien. Elle le regarda, déterminée. Une force nouvelle venait de germer en Elle : pas question qu'un truc aussi petit et insignifiant ait raison d'Elle. Elle avait vécu des choses bien plus terribles dans sa vie. Ce cancer, Elle le voyait comme un nouveau défi dont Elle devrait se relever. Elle partait gagnante dans cette lutte acharnée contre la maladie. Elle ne le laisserait pas gagner, Elle le terrasserait, l'écraserait entre ses doigts, le piétinerait du pied avec une folle rage de vivre. Et au diable les statistiques ! Elle avait tout de même 20% de chances de vivre ! C'est ce pourcentage qui résonnait dans sa tête. Elle avait ses chances et Elle comptait bien les saisir.

La chambre implantable, qui lui permettrait de recevoir la chimiothérapie, fut rapidement posée. Quelques jours plus tard, Elle se présentait à l'hôpital, devant une infirmière au sourire chaleureux, pour recevoir sa première dose de chimiothérapie. L'infirmière la fit entrer dans une vaste salle dans laquelle se trouvaient des lits et des fauteuils. Elle choisit un fauteuil dont les larges accoudoirs et le dossier moelleux lui semblaient douillets à souhait. Elle s'y installa pour plusieurs heures. Elle en profita pour regarder autour d'Elle les patients qui l'entouraient. Elle remarqua que les doses de chimiothérapie n'avaient pas toutes la même couleur et Elle sut plus tard que la teinte signait la force de la dose. Sans grande surprise, sa poche avait la teinte la plus foncée du groupe. Le dialogue, d'abord timide, s'installa progressivement entre les patients et en fin de journée, tous demandèrent à se retrouver ensemble pour la prochaine cession. Quinze jours plus tard, Elle retrouva ses compagnons d'infortune et les langues se délièrent un peu plus encore. Une certaine complicité naissait entre eux, probablement mue par le sentiment d'emprunter le même chemin de galère.

Elle supporta assez bien le traitement, jusqu'à la quatrième séance. La dose était énorme et son corps commençait à lâcher. Elle devait stopper provisoirement la chimio. Elle n'eut pas d'autre choix que de se soumettre à ce repos forcé mais Elle accepta cette décision avec difficulté : cela contrariait ses plans de guérison. D'autant plus que les premiers résultats n'étaient pas encourageants : la tumeur résistait aux doses massives de chimiothérapie. Les médecins se montraient de plus en plus pessimistes et derrière leurs discours polissés, Elle entendait bien qu'il était temps de penser à son testament. Mais une fois de plus, son mental d'acier la porta. Plantée devant son miroir, Elle caressa son crâne désormais lisse et se promit une chose : ne rien lâcher ! Jamais !

IV : Illy

Au début, Elle la regardait avec étonnement, voire de la peur. Elle se disait que jamais Elle n'arriverait à la nettoyer, à en prendre soin, à l'accepter. Elle était plaquée contre son ventre malade et même si elle essayait de se faire la plus discrète possible, il fallait quand même s'en occuper plusieurs fois par jour. Puis finalement, Elle finit par l'accepter, sa poche. Elle entama même une certaine relation de complicité, qui alla jusqu'à lui donner un petit nom : Illy.

Elle en prenait grand soin, la lavait avec beaucoup de précaution et s'amusait de ses petites facéties. Un aliment fermenté faisait gonfler sa poche de gaz et cela La faisait rire, immanquablement. Elle l'aimait bien Illy en fin de compte. Elle la prit même en photo : vide, pleine, branchée, débranchée ... Illy était devenue un prolongement d'Elle-même, un nouvel appendice qui fonctionnait bien là où son corps la lâchait. Elle lui était devenue indispensable et Elle en parlait sans fausse pudeur et avec une certaine tendresse. Oui, cette poche qu'Elle appréhendait au début était devenue, au fil du temps, une alliée précieuse à sa survie.

IV : Moments de grâce

La chimiothérapie se poursuivit et la tumeur finit enfin par réagir. Les liens qu'Elle tissa avec les autres patients étaient très forts. Sans eux, cela aurait été bien plus difficile. Elle leur était reconnaissante de tout ce qu'ils lui apportaient. Elle se souvint d'un épisode assez amusant, survenu lors d'une séance. Un poste de télévision était mis à leur disposition mais ils n'avaient jamais ressenti le besoin de l'allumer, trop préoccupés à discuter de choses et d'autres de leur quotidien. Mais un jour, ils le branchèrent et tombèrent sur un reportage évoquant les différentes sortes de poteries en Arménie, exposé dans la langue du pays évoqué. Pas un ne parlait arménien mais aucun n'eut envie d'éteindre ou de changer de chaîne. Ils se laissèrent tous transporter hors des frontières pour voyager un peu, aux sons d'un langage qu'ils ne connaissaient pas. Ils se déconnectèrent de la sinistre réalité tout le temps que dura le programme, ils savourèrent ce plaisir de laisser vagabonder leur esprit dans les terres arméniennes tout en laissant leur corps souffrant dans les fauteuils de l'hôpital. Une sorte de parenthèse enchantée et inattendue qui leur procura un bien-être réel.

La chimiothérapie prit fin et c'est en cavalier solitaire qu'Elle allait affronter les rayons. On lui prédit alors des brûlures, des vomissements et encore des souffrances supplémentaires. Une bonne étoile avait-elle fini par briller au-dessus de sa tête ? Elle ne connut rien de tout ça. Elle eut même des réactions qui faisaient sourire son oncologue : sa libido était à son apogée à la sortie de chaque séance ! Elle en riait elle-même, heureuse et étonnée de retrouver des sensations de jeune pucelle. A 50 ans, c'était le comble ! Elle comprit aussi qu'Elle avait là une chance incroyable. Vivre la radiothérapie de cette façon n'était pas donné à tout le monde et Elle en était pleinement consciente. Mais même en plein tourment, Elle savait apprécier les choses positives que la vie lui envoyait. Et ça, en dépit de ce que cela représentait, ça en faisait partie.

V : Et au bout du chemin...

Un an vient de s'écouler. Le parcours du combattant est terminé mais son corps portera à vie les stigmates d'un traitement lourd et violent. En plus des produits chimiques et des rayons, Elle avait subi trois opérations. Des cicatrices barrent désormais son ventre. Ses cheveux repoussent à peine mais l'odeur qu'ils dégagent la ramène quelques mois en arrière. Ils portent en eux les effets de la chimiothérapie. Elle sait déjà qu'ils ne resteront pas plantés sur sa tête mais qu'ils passeront sous une tondeuse pour laisser leur chance à d'autres cheveux, sains et sans odeur.

L'oncologue l'appelle enfin. Elle va enfin connaitre les résultats du traitement. A-t-elle vaincu ce redoutable ennemi ? Dans une grande respiration, Elle se lève de sa chaise, le coeur battant et suit le médecin dans son cabinet.

Une demi-heure plus tard, Elle est sur le parking de l'hôpital, de grosses larmes roulant le long de ses joues. Les derniers mots de son chirurgien lui ont transpercé le coeur. Il l'a prise dans ses bras et lui a murmuré dans l'oreille : "Bravo, je suis fier de vous !".

Elle a gagné.

Un immense merci à Sandra T. pour son témoignage et sa joie de vivre.

Etre intermittent du spectacle

Drama queen 731778 mLa polémique enfle : faut-il ou non supprimer le régime spécial dédié aux intermittents du spectacle ? Directement concernée par cette réforme, je fouille un peu sur le net et ce que j'y trouve m'atterre : plus de la moitié de la population souhaite supprimer ce régime (Cf. le sondage du jour de M6 Info), des commentaires acerbes et pétris d'ignorance viennent étayer ce vote (divers sites d'informations). D'abord, je fus outrée par tant de méchancetés gratuites envers ceux qui font le spectacle ("Ces intermittents bien gras vont défendre becs et ongles leurs privilèges" "ce sont des faignants nourris GRASSEMENT, ras le bol, il faut arrêter ces injustices qu'ils aillent bosser, pour eux, le job est un amusement, ils bossent un quart de l'année et nous assurons largement leur vie, il faut arrêter"...Source très sérieuse avec des personnes qui ont vraisemblablement loupé pas mal de cours de français, du site de JM Morandini). Je vous en passe et des meilleures !

J'ai ensuite compris qu'ils pêchaient tous par ignorance. Qu'est-ce qu'un intermittent du spectacle ? Voilà la vraie question et ensuite, nous verrons s'il est justifié de s'acharner sur eux !

Intermittent du spectacle, c'est un régime spécial d'indemnisation, pas un métier. Ce régime regroupe de très nombreuses professions : comédien, metteur en scène, compositeur, musicien, artiste de cirque, technicien lumières et sons, régisseur, costumier, décorateur, maquilleur...Afin de prétendre à un tel régime, il faut impérativement réaliser un nombre minimum de prestations sur une année. Une fois ce chiffre atteint, il est transmis à Pôle Emploi qui calcule alors un montant journalier basé sur le nombre de cachets (prestations) et leur montant.  De plus, il est bon de rappeler que les cachets (salaires) des comédiens ne sont généralement pas très élevés et en tout cas, insuffisants pour en vivre correctement mois par mois. C'est un métier qui demande de nombreux sacrifices, notamment pour les artistes ayant une famille. Afin de faire tourner le spectacle pour lequel ils ont travaillé dur, ils doivent quitter conjoint et enfants plusieurs jours par mois. Même si c'est pour effectuer un travail qui les passionne, ces séparations ne sont jamais évidentes, ni pour l'artiste ni pour sa famille. Mais elles sont nécessaires afin d'appporter aux quatre coins de la France un peu de joie, de réflexion, de rires et d'émotions. Nous sommes très loin des 35h/semaine, des 5 semaines de congé annuel, des we paisibles en famille...A titre personnel, nous avons pu passer trois semaines de vacances l'an passé. C'était la première fois que cela arrivait en 6 ans de vie commune. Généralement, nous n'avions pas plus d'une semaine, voire 10 jours d'affilée pour nous retrouver. Mon mari n'a eu que ces 3 semaines pour se reposer, sur toute l'année. Le répit, les congés maladie, le repos...il ne connait pas ! Et ce n'est pas un cas isolé ! Qui, aujourd'hui, accepterait de travailler dans de telles conditions ? Et surtout, qui accepterait de se faire taxer de feignasse quand les 35 heures que d'autres font sur 5 jours, il les fait sur 3 ?

Ces passionnés ont un statut précaire, pour lequel ils se battent jour après jour afin de le conserver. Ce n'est pas un acquis, mais un droit. Ce n'est pas un privilège, mais une bouée de sauvetage afin de vivre décemment. Ce n'est pas un luxe, et s'il est supprimé, c'est le spectacle vivant qui en deviendra un ! Sans ce revenu supplémentaire de  Pôle Emploi, les intermittents n'existeraient plus. Cela induirait la mort progressive de l'art vivant en France. Si les professionnels ne peuvent plus vivre de leur art, il n'y aurait petit à petit plus de théâtre à la portée de tous, plus de concerts accessibles à un plus grand nombre, plus de programmes télévisuels (eh oui, quasiment tous ceux qui travaillent sur les plateaux télé sont des intermittents !), plus de cinéma indépendant, plus de festivals à taille humaine qui égayent nos étés ... Est-ce vraiment cela que vous voulez, vous qui votez pour la suppression de ce régime spécial ? Avant de fustiger une catégorie de travailleurs, soyez réellement informés de tout ce que cachent les feux des projecteurs.

Les 10 trucs que tu ne fais que quand tu es enceinte

1527105 10202883241473072 1079921499 nCe n'est plus un secret pour personne, j'attends un bébé. De cet état me vient un constat : je fais certaines choses sans aucune honte que jamais je ne ferais en temps normal. Et je ne pense pas être la seule !

1 : Je me fais des goûters de rêve, composés de soupe aux asperges et de boudin noir aux oignons, le tout parsemé de chantilly. Bizarrement, mes filles ne cherchent pas à piquer dans mon assiette !

2 : Je pleure devant n'importe quoi : les téléfilms de l'après-midi sur la 6, la pub Whiskas (bah ouais, mais il est trop mignon le chaton qui déboule vers sa gamelle), une mouche morte ou encore des nouilles trop cuites. De vrais drames, vous en conviendrez !

3 : L'esthétique disparaît progressivement au profit du confort. ("Mais c'est ignoble ce que tu portes !!" "RAF* ! J'suis trop bien dedans !"). Exit les petits dessous affriolants, les tenues élégantes et les chaussures à talons. Bonjour les petites culottes en coton XXL, les pyjamas en pilou-pilou et les chaussons douillets en poils de mouflon ! N'oublions pas les chaussettes/bas/collants de contention qui embellisent un peu plus une tenue sobre et décontractée.

4 : Je peux m'envoyer sans sourciller trois croissants, une demi-baguette généreusement tartinée de beurre et de confiote, un litre de lait à la Ricoré et un mug de jus d'orange au petit déjeuner. Dix minutes après, j'en suis déjà à me demander ce que je vais bien pouvoir manger le midi.

5 : Il paraîtrait que lorsque je dors, le niveau sonore deviendrait limite assourdissant. A la rigueur, je veux bien admettre que j'émets un léger bruit discret et feutré signifiant mon sommeil profond mais je peine à croire mon mari quand, les yeux cernés, il m'affirme que je fais trembler les murs et que je réveillerais un mort ! Faut pas déconner !

6 : Je perds toute élégance dans ma démarche au fur et à mesure que les mois passent. D'abord légère et assurée, elle devient progressivement lourde, bancale et me donne en permanence l'impression d'être un pingouin  se promenant sur la banquise. Je tente malgré tout de conserver un semblant de dignité mais je me rends bien vite compte que c'est peine perdue.

7 : Je ne sais plus me relever. Un exemple : ma fille de 4 ans me demande de m'asseoir à ses côtés pour jouer à un puzzle. En bonne maman attentive à l'épanouissement de ses enfants, je m'exécute et prends place sur le tapis du salon, les jambes tendues. Après 5 minutes de jeu, ma progéniture décrète que le puzzle c'est nul et se lève d'un bond rejoindre sa poupée qui pleure. Me voilà échouée sur le tapis en cherchant du regard un point d'appui qui me permettrait de me remettre sur mes jambes (ankylosées et parsemées de fourmis). Bien évidemment, aucune aide de ce genre, je vais devoir me débrouiller seule. D'un geste vif et gracieux, je m'élance sur le côté avec pour objectif de me retrouver à quatre pattes. Après trois tentatives infructueuses, me voilà bien campée sur mes genoux, le bidon traînant presque à terre et soufflant comme un boeuf en rut. J'aperçois un peu plus loin la table basse. Je me dirige vers elle, prend appui avec mes avant-bras et dans un râle mi-humain mi-bovin je me redresse enfin. Victoire ! Dommage d'avoir laissé mes lunettes par terre...Je les ramasserai un autre jour.

8 : Je n'arrive plus à habiller seule la partie de mon corps située sous la ceinture. Cela demande désormais une très grande souplesse et une certaine coordination, qualités que je ne possède déjà pas en temps normal. Je m'entraîne donc au roulé-boulé sur le lit, jambes en l'air afin d'y enfiler ma magnifique culotte XXL en coton suivie de près par les chaussettes de contention. Une petite pause me permet de souffler un peu avant de reprendre l'exercice et de me vêtir de mon pantalon large en pilou-pilou. Et je ne vous parle pas des chaussures !

9 : Je connais quelques sautes d'humeur. Cela peut se montrer pénible au quotidien ("Hihihi, regaaaaarde, il est trop drôle ce petit chaton quand il joue avec sa balle ! (rires à la limite de l'hystérie tellement c'est rigolo)... Oh noooon, il vient de rouler dessus, il a dû se faire mal (pleurs à la limite de l'hystérie tellement c'est triste)....C'est de ta faute hein, si elle traîne cette balle !! (colère envers un conjoint blasé à la limite de l'hystérie tellement c'est de sa faute)" etc, etc...En revanche, cela me rend très bon public même devant les pires navets ("Les 11 commandements", "Mon curé chez les nudistes"...)

10 : Mon visage propose une vaste palette de couleurs : les boutons d'acnée se fraient une place à côté de plaques rouges (le masque de grossesse que ça s'appelle ! Ca ne donne pas spécialement envie d'aller danser oé oé !) et le teint verdâtre s'accorde assez mal aux cernes violacées. L'ensemble, assez peu glorieux, s'étend sur des joues de plus en plus rebondies et un menton qui se dédouble. Je suis à l'apogée de ma séduction, au summum de mon glamour ! Surtout que j'ai dû arrêter le fond de teint (qui aurait quand même pu me sauver la vie ou, au moins, mon amour-propre) parce que ça me collait des réactions allergiques (boursoufflures écarlates, ça complète bien le tableau).

Je tiens à rappeler que je vis tout ça très bien et que j'utilise la phrase désormais connue de tout mon entourage : "RAF*, je suis enceinte !" (cette petite phrase bien pratique s'applique à toutes les situations, même les plus gênantes ! Je vous laisse le soin de deviner lesquelles...).

*RAF : Rien à foutre !

La vie en bleu

L'année 2014 débute enfin, laissant derrière elle un cru 2013 bien pourri. Cela fait maintenant deux semaines que le nouvel an a débuté et il ne nous est encore rien arrivé de mal. On souffle un peu du coup ! Il nous est même arrivé quelque chose de plutôt bien : nous allons changer de statut.

Aujourd'hui, nous avons un statut assez répandu, presque courant. Nous le vivons très bien cela dit ! Mais nous avions envie de changement et nous savions pertinemment qu'en opérant ce changement, nous allions modifier notre situation. On s'y prépare jour après jour avec beaucoup de bonheur mais aussi, parfois, avec un peu d'appréhension. Malgré tout, nous fonçons vers un certain inconnu et, du fait, nous ne savons pas vraiment ce qui nous attend au tournant. Certes, nous avons un peu d'expérience dans le domaine et jusque-là, tout se passe plutôt bien. Nous rencontrons quelques couacs certains jours mais dans l'ensemble, tout se déroule dans une certaine harmonie. Cette harmonie durera-t-elle ? Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que cela se passe ainsi mais nous ne sommes pas à l'abri de surprises. Nous aurons toujours des interrogations et des doutes mais nous savons qu'ensemble, nous y arriverons. Après tout, c'est notre désir commun, notre souhait le plus fort et nous avons la chance immense de le voir se concrétiser en juillet prochain.

Nous n'avons pas encore de date très précise. Normalement, le changement devrait s'opérer aux alentours du 21 (un peu avant, ça serait chouette !). En ce juillet 2014, nous allons devenir...une famille nombreuse ! Un troisième petit bout de nous viendra parfaire notre famille. Ce sera un petit garçon, en pleine forme, qui gigote de toute sa vitalité dans mon ventre transformé en couveuse. Après avoir vécu le pire, notre joie est aujourd'hui sans égal ! Nous allons ajouter un peu de bleu dans le rose ambiant. Notre famille rêvée achève de se contruire. Les petites salopettes ont déjà remplacé quelques robes des filles devenues trop justes. La vie commence à s'organiser autour de l'arrivée de ce troisième bonheur...et nous adorons ça !

On remet ça ?

Le sapin joliment décoré il y a quelques semaines commence à montrer des signes de faiblesse. Un simple effleurement suffit à lui faire tomber des poignées d'épines sèches. Mais on continue à l'allumer chaque soir, comme pour prolonger cette magie de Noël. Car ce sapin, aussi agonisant soit-il, a été le témoin d'une bien belle fête. Une famille heureuse et réunie autour de la traditionnelle dinde aux marrons, des rires d'enfants et des éclats de joie de tous. Oui, Noël a rempli toutes ses promesses. Même le ciel s'y est mis en saupoudrant généreusement nos paysages de blanc scintillant. On n'est pas loin d'une parfaite image d'Epinal !

Bon, tout ça, c'est bien joli mais le retour sur Terre est brutal. Mon portefeuille crie famine, malgré la grande générosité de tous. Les enfants ne savent plus où donner de la tête et, après avoir été le centre d'intérêt, ne comprennent pas que le monde ne tourne plus autour de leur nombril. Leurs chambres ont été entièrement repensées pour y ranger leurs nouveaux jouets mais en dépit de tous nos efforts, certains n'ont encore pas trouvé leur place. Nous songeons sérieusement à louer la maison d'à-côté pour en faire une vaste salle de jeux ! Le frigo, après avoir regorgé de victuailles de toute sorte, se repose à vide. Une espèce de diète en quelque sorte. Cela me fait penser que je devrais faire la même chose avec mon foie !

Mais quand on y réfléchit bien, tout ça, c'est secondaire ! Mon portefeuille va bien finir par se remplumer et mon frigo, dans 2 jours, sera à nouveau rempli (exit le foie gras et vive la salade !). En revanche, ce qui ne changera jamais, ce sont ces souvenirs heureux, ce plaisir partagé de se retrouver ensemble. Il était bien chouette ce Noël ! Puissent tous les suivants lui ressembler !

Délivrance

Comme je l'attendais ce rendez-vous ! Je comptais les jours, les heures qui me séparaient de lui. Je m'imaginais libre, revenue à ma vie d'avant. Mais avant toute chose, revenons sur le drame.

C'était le 26 novembre dernier. Je marchais d'un pas énergique et décidé sur les trottoirs de Pontarlier, sous un froid glacial. Le soleil rayonnait et m'empêchait de voir correctement sur mon écran de téléphone la route à emprunter pour rejoindre l'adresse que l'on m'avait donnée. Je continuais mon chemin tout en plissant des yeux pour tenter de comprendre ce fichu GPS. Soudain, mon pied dérapa sur une plaque de verglas et dans un bruit épouvantable, mon péroné se brisa. S'en suivirent une chute, un hurlement, les pompiers et les urgences. Retour à la maison avec une cheville qui a triplé de volume, un pauvre tampon d'alccol ("Revenez dans 5 jours, on verra ce qu'on fera à ce moment-là !") et du paracétamol codéiné pour me faire croire que je n'ai plus mal. 48 heures pus tard, je retournais aux urgences en menaçant le personnel de faire sauter l'hôpital s'il ne me plâtrait pas cette cheville ! Ce fut chose faite en partie, en me recommandant de revenir bien vite voir un orthopédiste vu qu'ils m'avaient plâtrée comme des sagouins. Le mardi suivant, soit une semaine après l'accident, j'arborais enfin fièrement une résine que je bénissais. Finies les douleurs et bonjour canapé ! Me voilà clouée à ce moelleux sofa jusqu'au déplâtrage prévu au 27 décembre. Je vous fais grâce des problèmes d'organisation que pose une immobilisation maternelle totale. Heureusement que Mamie était là ! En revanche, je suis devenue incollable sur les horaires des déchêts télévisuels et, croyez-moi, il y en a un sacré paquet !

Nous voici enfin au 27 décembre. La notion de déplâtrage sonne pour moi comme une renaissance, une mobilité nouvelle ! Je veux aller nager, me promener, prendre une douche debout et même faire mon ménage. Toutes ces petites choses banales du quotidien qui m'ont vraiment manqué. 10 heures sonnent : nous sommes à l'heure...mais pas le médecin. Il est au bloc et ne nous recevra qu'après l'intervention. Peu importe, je suis d'humeur guillerette. J'en profite pour lire les derniers potins et me cultiver encore un peu plus. Le chirurgien arrive enfin. Le déplâtrage se passe à merveille, ma jambe revit.

"Bon, on se revoit dans trois semaines !"

"Ah bon ?"

"Oui. Et bien sûr, interdiction de poser le pied pendant ce temps !"

"Vous plaisantez docteur ???"

Je comprends alors brutalement au silence du médecin que la plaisanterie n'est pas de la partie. J'ai juste envie de pleurer...un peu !