grossesse

Âge d'Or

Sausage 2304758 960 720Ce n'est un secret pour personne, les femmes enceintes ont des envies. Mais quand on en parle, on évoque surtout leur attrait pour la nourriture, sous des formes diverses et variées : boudin noir à la chantilly par exemple ou sardines au Nutella. A 3h du matin de préférence, c'est beaucoup plus amusant.

 

Mais au deuxième trimestre, les choses changent. En plus des désormais incontournables salsifis à la confiture (de figues, bien évidemment), d'autres besoins arrivent, tapis dans l'ombre. Ils avancent sournoisement, prenant la parturiente par surprise (ce qu'elle attend d'ailleurs !), shootés aux hormones et bien décidés à investir le juste milieu d'un corps qui s'arrondit. Celle qui porte la vie, magnifiée par un teint éclatant, aux cheveux ondulant sur des épaules à la peau ultra douce, mère déjà dans l'âme, devient alors ... Super Chaudasse ! Ne craignons pas d'employer des termes forts mais très honnêtement, lorsque la seule vue d'un saucisson suffit à l'émoustiller et à la rendre folle de désir, il n'y a pas d'autres mots.

Il faut toutefois se montrer prudent et la ménager un peu. Pensez donc qu'une simple évocation un tantinet graveleuse peut la rendre défaillante. Exemple : "Passe-moi le beurre" et voilà son esprit grisé s'égarer dans de grandes divagations où le romantisme n'a plus sa place.

Ne nous voilons pas la face, c'est quand même une période plutôt sympathique, tant pour le papa que pour la maman (qui doit quand même calmer ses pulsions devant le téléfilm de M6, lorsque deux amoureux transis se tartinent le visage à grands coups de langue). Épuisante aussi, surtout si monsieur, lui-même dopé à la testostérone, se réjouit chaque soir des nouvelles inventions de madame. Nota bene : évitez toutefois les sardines au Nutella avant la faribole, c'est peu digeste et donne une haleine de rat crevé, peu compatible avec l'activité programmée.

Mais je vais devoir atténuer cet idyllique tableau et vous faire un aveu : cela ne dure pas. Alors, de grâce messieurs, prenez soin de votre tendre moitié, et cessez de vous gratouiller les parties intimes en sa présence, elle voudrait immédiatement vous aider, quelque soit son état de fatigue. Puis, un beau jour, elle trouvera cet acte écœurant et vous demandera illico de cesser tout rapprochement main-bouboules. Le fameux âge d'or de la grossesse prend fin, avec autant de brutalité qu'il est apparu, laissant le mâle dans une profonde perplexité. En cause : le ventre qui fait disparaître de la vue de la maman la moitié de son corps, des pieds enflés qui lui font chausser du 46, une souplesse proche de celle d'une barre de fer, les crampes qui surviennent au moment le plus délicat et enfin, la lassitude intense qui survient à la seule idée de devoir s'activer.

Désormais, les seules envies qui feront frétiller la future maman seront un bon bain chaud, un massage des pieds et un accouchement immédiat ! Et une bonne tranche de lard au yaourt à la fraise, cela va de soi !

Fierté(s)

MojitoLes rayons d'un soleil printanier réchauffaient déjà l'atmosphère lorsque je pris place à la terrasse du Café des Arts, en face de mon amie Léa. Elle avait insisté pour que je sorte un peu et force était de constater qu'elle avait eu raison. Ca m'avait manqué de respirer l'air frais.

« Tu vas bien ? », me demanda-t-elle avec une voix aiguë qui flirtait avec l'hystérie.

Je compris immédiatement à son sourire béat et à ses yeux pétillants qu'elle avait fait une nouvelle connerie. Elle ne me déçut pas en m'annonçant, après une grande lampée de mojito :

« J'en ai un nouveau !! »

Jules ? Pantalon ? Boulot ?

« Tu veux le voir ? », me proposa-t-elle en soulevant derechef sa jupe.

Je fermai les yeux un instant puis les rouvris sur sa cheville qu'elle me tendait sous le nez, dans une souplesse que je ne lui soupçonnais plus. Une large plaque d'un rouge éclatant s'étalait du milieu de son pied jusqu'au genou et dessus, surplombant la malléole, je vis un dauphin sauter dans un cerceau de feu, sûrement réalisé par un enfant de 4 ans au vu de la qualité du dessin.

« Tu l'as fait faire par ton tatoueur habituel ? 

  • Oui, je l'adore ! Il est doué, non ? »

J'aurais voulu lui répondre quelque chose de gentil mais je m'étranglai dans une gorgée de jus de pamplemousse. Je repensais à son omoplate auréolée d'une Minnie trash et à sa fesse gauche saccagée par une tête de mort rose et verte. J'eus une pensée émue pour toutes ces autres parties de son corps encore épargnées et qui devaient frémir à l'idée de subir les outrages d'une aiguille malhabile.

Elle redescendit sa jupe délicatement, en grimaçant lorsque le tissu toucha sa jambe enflammée.

« Et toi, tu n'as toujours pas de tatouage ?

  • Si … depuis peu d'ailleurs !

  • Tu me montres ? »

Son excitation était palpable. Je ne voulus pas la faire attendre plus longtemps. Je soulevai alors mon tee-shirt et la laissai découvrir ce qui entourait désormais mon nombril. Sa perplexité était belle à voir.

« Ca te plaît ?

  • Tu te fiches de moi ?

  • Non … C'est la plus belle œuvre que je porte sur moi. Rassure-toi, ça ne va pas rester de cette couleur bien longtemps, ça va blanchir rapidement.

  • Pfff, tu me déçois ... » soupira mon amie en se rejetant en arrière.

Je recouvris mon ventre encore flasque et désormais strié de zébrures écarlates avec le bout d'étoffe informe qui me servait de cache-misère. Un hoquet s'éleva du berceau qui se tenait à ma droite, me rappelant que l'artiste qui m'avait fait ces marques indélébiles n'avait que trois semaines. Et que le tatouage qu'il avait réalisé par sa seule présence en moi était sans doute le plus beau qu'une femme puisse jamais arborer.

Je souris à mon amie dont la mine dégoûtée me prouvait bien qu'elle n'avait encore pas conscience de la véritable valeur d'un tel marquage.

Un jour, peut-être …

Les 10 trucs que tu ne fais que quand tu es enceinte

1527105 10202883241473072 1079921499 nCe n'est plus un secret pour personne, j'attends un bébé. De cet état me vient un constat : je fais certaines choses sans aucune honte que jamais je ne ferais en temps normal. Et je ne pense pas être la seule !

1 : Je me fais des goûters de rêve, composés de soupe aux asperges et de boudin noir aux oignons, le tout parsemé de chantilly. Bizarrement, mes filles ne cherchent pas à piquer dans mon assiette !

2 : Je pleure devant n'importe quoi : les téléfilms de l'après-midi sur la 6, la pub Whiskas (bah ouais, mais il est trop mignon le chaton qui déboule vers sa gamelle), une mouche morte ou encore des nouilles trop cuites. De vrais drames, vous en conviendrez !

3 : L'esthétique disparaît progressivement au profit du confort. ("Mais c'est ignoble ce que tu portes !!" "RAF* ! J'suis trop bien dedans !"). Exit les petits dessous affriolants, les tenues élégantes et les chaussures à talons. Bonjour les petites culottes en coton XXL, les pyjamas en pilou-pilou et les chaussons douillets en poils de mouflon ! N'oublions pas les chaussettes/bas/collants de contention qui embellisent un peu plus une tenue sobre et décontractée.

4 : Je peux m'envoyer sans sourciller trois croissants, une demi-baguette généreusement tartinée de beurre et de confiote, un litre de lait à la Ricoré et un mug de jus d'orange au petit déjeuner. Dix minutes après, j'en suis déjà à me demander ce que je vais bien pouvoir manger le midi.

5 : Il paraîtrait que lorsque je dors, le niveau sonore deviendrait limite assourdissant. A la rigueur, je veux bien admettre que j'émets un léger bruit discret et feutré signifiant mon sommeil profond mais je peine à croire mon mari quand, les yeux cernés, il m'affirme que je fais trembler les murs et que je réveillerais un mort ! Faut pas déconner !

6 : Je perds toute élégance dans ma démarche au fur et à mesure que les mois passent. D'abord légère et assurée, elle devient progressivement lourde, bancale et me donne en permanence l'impression d'être un pingouin  se promenant sur la banquise. Je tente malgré tout de conserver un semblant de dignité mais je me rends bien vite compte que c'est peine perdue.

7 : Je ne sais plus me relever. Un exemple : ma fille de 4 ans me demande de m'asseoir à ses côtés pour jouer à un puzzle. En bonne maman attentive à l'épanouissement de ses enfants, je m'exécute et prends place sur le tapis du salon, les jambes tendues. Après 5 minutes de jeu, ma progéniture décrète que le puzzle c'est nul et se lève d'un bond rejoindre sa poupée qui pleure. Me voilà échouée sur le tapis en cherchant du regard un point d'appui qui me permettrait de me remettre sur mes jambes (ankylosées et parsemées de fourmis). Bien évidemment, aucune aide de ce genre, je vais devoir me débrouiller seule. D'un geste vif et gracieux, je m'élance sur le côté avec pour objectif de me retrouver à quatre pattes. Après trois tentatives infructueuses, me voilà bien campée sur mes genoux, le bidon traînant presque à terre et soufflant comme un boeuf en rut. J'aperçois un peu plus loin la table basse. Je me dirige vers elle, prend appui avec mes avant-bras et dans un râle mi-humain mi-bovin je me redresse enfin. Victoire ! Dommage d'avoir laissé mes lunettes par terre...Je les ramasserai un autre jour.

8 : Je n'arrive plus à habiller seule la partie de mon corps située sous la ceinture. Cela demande désormais une très grande souplesse et une certaine coordination, qualités que je ne possède déjà pas en temps normal. Je m'entraîne donc au roulé-boulé sur le lit, jambes en l'air afin d'y enfiler ma magnifique culotte XXL en coton suivie de près par les chaussettes de contention. Une petite pause me permet de souffler un peu avant de reprendre l'exercice et de me vêtir de mon pantalon large en pilou-pilou. Et je ne vous parle pas des chaussures !

9 : Je connais quelques sautes d'humeur. Cela peut se montrer pénible au quotidien ("Hihihi, regaaaaarde, il est trop drôle ce petit chaton quand il joue avec sa balle ! (rires à la limite de l'hystérie tellement c'est rigolo)... Oh noooon, il vient de rouler dessus, il a dû se faire mal (pleurs à la limite de l'hystérie tellement c'est triste)....C'est de ta faute hein, si elle traîne cette balle !! (colère envers un conjoint blasé à la limite de l'hystérie tellement c'est de sa faute)" etc, etc...En revanche, cela me rend très bon public même devant les pires navets ("Les 11 commandements", "Mon curé chez les nudistes"...)

10 : Mon visage propose une vaste palette de couleurs : les boutons d'acnée se fraient une place à côté de plaques rouges (le masque de grossesse que ça s'appelle ! Ca ne donne pas spécialement envie d'aller danser oé oé !) et le teint verdâtre s'accorde assez mal aux cernes violacées. L'ensemble, assez peu glorieux, s'étend sur des joues de plus en plus rebondies et un menton qui se dédouble. Je suis à l'apogée de ma séduction, au summum de mon glamour ! Surtout que j'ai dû arrêter le fond de teint (qui aurait quand même pu me sauver la vie ou, au moins, mon amour-propre) parce que ça me collait des réactions allergiques (boursoufflures écarlates, ça complète bien le tableau).

Je tiens à rappeler que je vis tout ça très bien et que j'utilise la phrase désormais connue de tout mon entourage : "RAF*, je suis enceinte !" (cette petite phrase bien pratique s'applique à toutes les situations, même les plus gênantes ! Je vous laisse le soin de deviner lesquelles...).

*RAF : Rien à foutre !