biographe

Dialogue avec mon conseiller

nastol-com-ua-662-1.jpgPersonnages :

-          M.R. : demandeuse d’emploi

-          H. C. : conseiller Pôle Emploi, spécialisé dans les auto-entreprises

 

Situation : Juin 2013, un bureau Pôle Emploi. H.C. pianote sur son clavier d’ordinateur. M.R. entre.

 

H.C : Bonjour Mme Rousselet. Asseyez-vous, je vous en prie.

M.R. : Bonjour Mr C. (Elle s’assoit en face du conseiller)

H.C. : Qu’est-ce qui vous amène ?

M.R. : Je viens voir avec vous les modalités de déclarations des revenus d’une auto-entreprise.

H. C. : Très bien. Vous venez de créer votre entreprise ?

M.R. : Ah non, elle existe depuis plus de deux ans ! Elle a vu le jour en mars 2011.

H.C. : Ah ! (Silence.)

M.R. : Il y a un souci ?

H.C. : Eh bien oui…A partir du moment où la société est créée, vous recevez un complément de revenus sur 15 mois. Autrement dit…(Silence. Il pianote sur son clavier d’ordinateur) vos droits s’arrêtent en juin 2012.

MR : C’est une blague ??

H.C. : Eh bien non, c’est la loi !

M.R. (agacée) : Attendez, on va tout reprendre depuis le début ! J’ai effectivement créé ma société en mars 2011. Mais je me suis inscrite à Pôle Emploi en septembre 2011 et vous avez commencé à m’indemniser en février 2012.Juste ?

H.C. (pianotant nerveusement sur son clavier) : Oui, en effet…

M.R. (se contenant) : Donc, les 15 mois ont logiquement démarré en février 2012, ce qui induit que mes droits se sont arrêtés…ce mois-ci !

H.C. : Je ne suis pas certain…Faudra que je vérifie…

M.R. : Oui, vérifiez ! Autre chose : depuis que je suis inscrite, j’ai rencontré deux conseillers différents et ai suivi un bilan de compétences. A chaque fois que je posais la question, on me répondait que j’avais ce complément de revenus uniquement quand ma société dégageait des bénéfices.

H.C : Ah non ! Ca, c’est faux !

MR : C’est gentil de me le dire maintenant !! D’après eux, j’avais des droits jusqu’en mars 2014, ce qui, dans ma petite tête, me semblait bien suffisant pour faire fonctionner ma société ou changer mon fusil d’épaule le cas contraire. Là, d’après ce que vous me dites, je n’ai plus droit à rien ?

H.C. (regarde son écran) : Ah si ! Il vous reste 332 jours d’indemnités de chômage.

M.R. : Alors, pourquoi me dites-vous que je suis en fin de droits ?

H.C. : Vous ne pouvez plus prétendre au complément de revenus. Autrement dit, tant que votre société existe, vous ne pourrez plus rien toucher. Et c’est pareil si jamais vous travaillez à temps partiel et que vous touchez moins de 80% de votre salaire de référence. Vous devez retravailler 4 mois complets pour retrouver ce droit.

M.R. : Mais si jamais j’arrête mon activité et que je ne travaille pas du tout ?

H.C : Eh bien, vous retrouvez vos indemnités de chômage là où vous les avez laissés.

M.R (en colère). : Mais c’est complètement absurde !! Je suis là, aujourd’hui, devant vous, pour que vous m’aidiez à développer ma société. Je me suis basée sur ce qu’on m’a dit depuis que je suis inscrite et ai établi un plan d’action à partir de tout ça. Et là, vous m’apprenez que tout le monde s’est planté, que je suis en fin de droits, voire pire, que je vous devrais une année d’indemnités ! Et que  si je veux retrouver rapidement un revenu, je dois tout arrêter et revenir en arrière ?? Je dois retourner dans un système que j’exècre, arrêter toute activité à temps partiel sinon, je perds énormément d’argent !! Je ne peux pas travailler à temps plein ! Mes filles ne sont pas encore scolarisées, je fais en sorte de trouver une solution pour m’en sortir et travailler à ma façon ! Mais pour ça, j’avais besoin de vous et j’ai commis l’erreur de croire bêtement ce qu’on me claironne depuis près de 2 ans ! A cause de l’incompétence de vos collègues, je me retrouve dans la merde !! Je dois tout abandonner, tout laisser tomber alors que j’ai encore des droits ?? Mais dans quelle société vivons-nous ???

H.C. (interloqué) : Je comprends très bien votre position madame, je…

M.R. (le coupant) : Vous comprenez ?? Alors, aidez-moi !! Trouvez une solution pour que l’honorable mère de famille que je suis arrive à atteindre son objectif ! Réparez les bêtises de vos collègues ! Faites en sorte que je n’ai pas de Pôle Emploi la détestable idée que cela incite les gens à ne rien foutre !!

H.C. : Je sais que c’est absurde mais là, je ne peux vraiment rien faire pour vous.

M.R. : C’est inimaginable ! Et après, on s’étonne qu’il y ait autant de chômeurs …

(Silence)

M.R. (bouillonnant) : Face à tout ça, vous feriez quoi à ma place ??

(Silence)

M.R. : Merci Monsieur C.

(Noir)



« Les personnages et les situations de ce récit étant purement réels, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que voulue. »

Juliette

Little angel 1207570 m

Je sais bien que c'est insensé

Mais comment ne pas y penser ?

Tu as vécu en moi

Pendant près de trois mois

Tu as dû t'envoler auprès des anges

Pour t'éviter de cruelles souffrances.

La maladie t'a arrachée à notre amour

Mais dans nos cieux, tu brilleras toujours.

Mon ventre, vide et creux désormais,

Aimerait refaire ce nid dans lequel tu dormais

Pour un petit frère, pour une petite soeur

Qui se tiendra là, au fond de nos coeurs

Juste à côté de toi ma Juliette chérie.

Je sais bien que c'est insensé

Mais comment ne pas y penser ?

L'envie de redevenir maman

Est encore plus forte qu'avant

Ce besoin de donner la vie

En moi hurle et grandit.

Personne ne te remplacera jamais !

Tu seras pour toujours notre bébé

Notre force et notre faiblesse

Notre troisième petite princesse

Notre éternelle étoile filante

Je sais bien que c'est insensé

Mais comment ne pas y penser ?

Pourvu que ça roule !

1210840-car-1.jpgUne brise légère vint caresser sa joue. Une mèche de cheveux, échappée de son chignon fait à la va-vite, se soulevait doucement et lui chatouillait la nuque. Laury sourit sous l'effet de cette délicate sensation. Elle s'empara de sa tasse de capuccino et trempa ses lèvres dans la mousse. Un petit frisson de volupté la parcourut : la douceur de l'air s'alliait à la chaleur du soleil. L'instant, parfait, semblait figé dans le temps. Elle en avait presque oublié son rendez-vous avec Yoan. "La Brasserie des Peupliers" était leur endroit favori pour se retrouver. Des mains se plaquèrent soudainement sur ses yeux : "Qui c'est ??" demanda une voix grave et joyeuse. "Mmmmh, sans doute l'homme le plus séduisant de la Terre !" "Bingo !". Après avoir embrassé Laury dans le cou, l'endroit qui la faisait fondre de plaisir à chaque fois, il s'assit en face d'elle, l'oeil pétillant. Un large sourire barrait son visage : "Ca y est, je l'ai trouvée !!" "De quoi parles-tu ?" "Eh bien, de notre future voiture ! Regarde !" Ce disant, il tendit à Laury un catalogue ouvert à une page montrant une grosse berline. Les options étaient déjà cochées et la couleur choisie. Interloquée, Laury regarda le livret puis son amoureux, dont le sourire triomphant trahissait sa fierté. "Non, tu déconnes ?!!" "Bah non !! Attends, elle est parfaite : elle a toutes les options possibles et imaginables ! Elle est super belle,tu ne peux pas dire le contraire !!" "Ah si, je peux le dire : elle est moche ! En plus, tu sais très bien que je ne peux pas blairer cette marque !" Laury était furieuse. Ils devaient décider ensemble de l'achat de leur prochain véhicule et elle avait été ferme sur le sujet : pas de Peugeot ! Son rêve à elle était de posséder une Renault sportive. Elle s'imaginait déjà faire vrombir les chevaux d'une puissante coupée et voilà qu'il se ramenait avec un tas de boue familial qu'il trouvait formidable ! Dans la catégorie "veau mort", elle se posait là sa daube ! "Non non non et non !! Tu sais très bien que pour moi, il en est hors de question !!" "Je sais bien, toi, tu n'aimes que les Renault alors que ce sont des vrais nids à emmerdes ! Ce sera Peugeot, un point c'est tout !!" "Non mais pour qui tu te prends ? Ca ne va pas de me parler comme ça !! Tu ne me feras jamais monter dans ces saloperies, jamais !!" Yoan, tourna la tête, boudeur. Laury souffla avec rage sur son capuccino devenu froid. Ses mains tremblaient de rage.

Soudain, un éclair les surprit. Machinalement, ils tournèrent la tête en direction de la source de lumière. Une voiture passa à côté d'eux. Ils la regardèrent passer, bouche bée. Leurs visages se rencontrèrent et un sourire entendu étira leurs lèvres : leur future voiture ne sera pas française !

La trentaine florissante

1305615-happy-birthday.jpgLa trentaine est arrivée, sournoise et implacable, et elle s'est jetée sur moi et mon pauvre corps qui ne s'en remet toujours pas. Voici le top10 des effets propres à la trentaine, qui ne manqueront pas, jeune vingtenaire, de t'agresser dans quelques années (ou mois, pour les plus vieilles vingtenaires). Message exclusivement féminin, la version masculine ne saurait tarder !

N°10 : tu ne bois plus de café après 16h parce-que tu crains que cela ne t'empêche de dormir. Tu lui préfères une petite tisane, vu que le thé t'énerve aussi.

N°9 : tu ne fais plus de grasse matinée, sinon tu as mal à la tête toute la journée. Tu te coucheras à 20h30 le soir suivant.

N°8 : tu ne fais plus non plus de soirées allant au-delà des 2h du matin vu que de toute façon, tu ne fais plus de grasse mat' et que tu t'interdis le café après 16h. Quoi qu'il en soit, tu mettras une semaine à t'en remettre.

N°7 : dans ton sac, tu n'oublies pas de prendre des Spasfon, des doliprane et des citrate de bétaïne

N°6 : le mot "bébé" te met en transe !

N°5 : on t'offre des échantillons de crème antirides à la pharmacie

N°4 : un jeune bien élevé s'est levé pour te laisser sa place dans le bus en lançant un désagréable : "asseyez-vous madame"

N°3 : tu salues ta mère le matin dans la salle de bains avant de prendre conscience qu'il s'agit de ton propre reflet dans le miroir

N°2 : le bon vieux slip en coton remporte toutes tes faveurs

N°1 : tu n'as jamais été aussi épanouie sexuellement

Et vous ? Vous la vivez bien votre trentaine ?

Contre la paix du ménage

1393890-teacup.jpgLe manche du balai à la main, je regarde ma salle à manger rutilante, l'oeil satisfait. Le sol est impeccable et sent bon le savon de Marseille. La table a été nettoyée à fond, les meubles ont été débarassés de leur poussière, la vaisselle a été lavée et rangée. Après 3 heures de ménage intensif, je peux être fière de moi. C'est pile à ce moment-là que Clémence s'approche de moi et me demande de sa voix la plus douce : "Je peux faire un gâteau pour papy et mamie ?". Mon sourire s'évanouit subitement. Et je ne peux pas le lui refuser, je le lui avais promis. Je soupire et je sens une boule se former au fond de ma gorge. Je dois m'y résoudre. Je range mon nécessaire à ménage et sors ce qui va le détruire : farine, sucre, oeufs, yaourt nature et beurre. Je dépose le tout sur ma table toute propre et accroche un tablier à ma petite pâtissière en herbe qui en sautille de joie.

Je casse d'abord les oeufs dans le saladier. Clémence se saisit vigoureusement du fouet et entreprend de les battre avec fougue. Son énergie est telle que je suis obligée de rajouter un oeuf : il n'y en a plus assez dans le saladier. Je lui tends ensuite le yaourt avec une grosse cuillère. Là, elle s'applique à bien vider le pot, la tête penchée et la langue sortie sur le côté. Je sens bien que ça devient sérieux. Une fois terminé, le pot est désormais prêt à recevoir la farine. La manipulation consiste à le remplir et en verser le contenu dans le mélange oeufs-yaourt, trois fois de suite. Clémence commence. Elle se concentre et s'en sort plutôt bien la première fois. A la deuxième, le pot est à moitié rempli quand le pire survint : un éternuement ! La petite cuisinière disparaît dans un nuage blanc et compact. Je l'entends rire. Il faut bien que ça amuse quelqu'un ! Je regarde mon sol, ma table, ma fille et la boule coincée au fond de ma gorge fait des petits bonds. Après avoir essuyé ses lunettes d'un revers de manche, Clémence se saisit du paquet de sucre ... mal fermé. Une demi livre se répand sur le sol, dessinant sur le carrelage une magnifique voie lactée. "C'est pas graaaave !" déclame mon aînée. Les deux pots de sucre, ainsi que le beurre fondu, sont finalement intégrés à la pâte. Cette dernière, mélangée par mes soins ("C'est pas facile") est vite mise dans un moule puis au four. Durant cette opération, Clémence avait déjà sauté de sa chaise et prévu d'aller se laver seule les mains dans ma salle de bains impeccable. Des traces de pas blanches indiquent clairement la direction qu'elle a prise. La poignée de la porte est collante et l'eau s'écoule trop rapidement du robinet, giclant joyeusement sur ma fille extatique.

Je regarde ma salle à manger, l'oeil humide. Je ressors mon balai, mon seau, mes chiffons. Petite consolation : l'odeur acidulée du savon de Marseille s'allie harmonieusement à celle plus sucrée du beau gâteau qui gonfle dans le four.

Les vacances

693675-pont-davignon.jpgLa neige commence à vraiment nous lasser. Nous réfléchissons deux minutes et la décision tombe : nous allons partir dans le Sud. Pas déménager, non, juste prendre quelques jours de nouvel air, sous un soleil radieux et une douce chaleur. Nous cherchons un gîte et notre choix s'arrête sur une annonce qui nous plaît en tout point : beauté des lieux et gentillesse des propriétaires (aux dires des nombreux commentaires élogieux laissés par des clients ravis). Les bagages sont faits, les enfants bien arnachés dans la voiture et nous voilà partis ! 5 heures de route ne nous effraient pas et nous les faisons d'une traite. 19h30, arrivée des voyageurs fatigués mais heureux. Une voix chaleureuse se fait entendre : celle de Christian, notre hôte. Très amical dès le début, il nous a tout de suite séduits par sa disponibilité et son sourire très accueillant. Nous nous sentons tout de suite chez nous dans ce petit gîte joliment décoré. Les filles investissent également leur chambre en sautant sur les lits et en éparpillant un peu partout les poupées, livres et autres jouets. Christian sourit devant ce débordement de vie enfantine et après les petites recommandations d'usage, nous laisse à notre plaisir d'être enfin en vacances. Afin d'en profiter encore plus, nous douchons et nourrissons les filles au pas de course puis nous les couchons sans plus de cérémonie. Enfin tranquilles ! Nous allons pouvoir nous vautrer dans le canapé, enlacés et profiter des formidables programmes télévisuels d'un jeudi soir. Le néant s'affiche sur l'écran mais on s'en contentera. La nuit a été chaotique : un mari malade qui tousse, se lève, a chaud puis froid, tandis que les filles font la java dans la chambre d'à-côté. Le réveil a été bien douloureux à 8 heures. C'est la jambe traînante et l'oeil encore bouffi que je suis allée lever les demoiselles qui s'impatientaient à grands cris. J'installe Valentine dans la chaise haute et m'apprête à lui préparer son biberon ... Quel biberon ? Celui que j'ai oublié sur la table de la cuisine...à la maison ! Ca commence bien. Le petit qui lui sert à boire de l'eau ira très bien, à condition que je fasse trois services. Eh oui, difficile de faire rentrer ses 330ml habituels dans 120. Clémence, quant à elle, se réjouit de boire son lait dans un bol Hello Kitty. Après le petit déjeuner, direction le grand jardin, pendant que le papa récupère de sa nuit. En sortant, Christian se présente et nous demande comment s'est passée la nuit. Je n'allais pas lui mentir, ma mine m'aurait trahie. Apprenant que Jérôme est malade, il s'est proposé d'appeler son médecin. Rendez-vous est alors pris au lendemain matin et en attendant, mon mari doit prendre un cocktail d'ibuprofène et de paracétamol...que nous n'avons pas. Christian m'annonce que comme il doit descendre en ville, il prendra les médicaments nécessaires. J'accepte volontiers, touchée par tant de solidarité.

Grâce aux bons soins de Christian, Jérôme se remet assez vite sur pieds et nous pouvons alors profiter des trésors de la région : les Dentelles de Montmirail, Avignon, et tous ces endroits typiques et pittoresques qui dépaysent instantanément. Dimanche était notre dernier jour de vacances et nous avons jeté notre dévolu sur Fontaine de Vaucluse. Le mistral s'était levé la veille et il nous gilfait de son souffle glacé. Les nuages étaient dispersés et nous pouvions profiter d'un grand soleil. La petite promenade nous a ouvert l'appétit et nous décidons de déjeuner dans une pizzeria de la ville. Clémence est installée sur un réhausseur et Valentine dans une chaise haute, en face de sa soeur. Commence alors l'attente. Difficile de contenir des enfants affamés et impatients. Au bout de vingt minutes, je demande une carte à une serveuse à l'air égaré. Dix minutes plus tard, je lève timidement un doigt pour qu'elle vienne prendre ma commande. "Et avec la pizza pour votre fille, ce sera des frites, des pâtes ou des légumes ?" Tiens, c'est original cette conception d'un menu pour enfants. "Bah, euuuuh, des légumes !" L'attente reprend. Pour tuer le temps, mes filles ont trouvé une astuce : défaire la table. Elles s'échinent alors à mettre en boule la sur-nappe, qui en protège une autre, jaune, assez vilaine. Après quinze minutes de ce jeu fort amusant, la serveuse revient vers moi et me demande :

"Il y a un problème avec la nappe ?" - Non, pourquoi ? - Ben alors, pourquoi vous cherchez à l'enlever ?"

Silence, je la regarde en espérant que ce soit une plaisanterie. Mais son air inquiet m'indique que non, elle est très sérieuse.

"Mais enfin, vous voyez que ce sont mes filles qui jouent avec !" - Ah oui...mais faut faire attention, faut pas tacher la nappe d'en-dessous ! - Promis, on va faire très attention, ça serait dommage de l'abîmer, elle est si belle !"

Les plats arrivent enfin sur une table en fouillis. Le pain a déjà été mangé partiellement (quelques boulettes traînent deci-delà), tous les verres se sont retrouvés vers nous, les parents, et la fameuse sur-nappe était maintenant toute chiffonnée. Les pizzas sont énormes et celle de Clémence est accompagnée de frites. Bizarres leurs légumes...Je ne dis rien, je n'ai pas envie d'attendre encore une demi-heure. Jérôme regarde de travers derrière moi, là où se trouve le bar. Une femme à la mine sombre nous observe, tout en essuyant des verres. Elle semble visiblement inquiète sur l'état dans lequel on va bien pouvoir laisser son restaurant en partant. Il faut dire que les filles ont mis le paquet, sous l'oeil complice et attendri de nos voisins de table. Valentine ne cesse de frapper un petit bol en inox avec sa cuillère, tout en jetant à terre tout ce qui lui passe sous la main. Clémence, quant à elle, manifeste son désir de ne plus manger en recrachant sur la table ce qu'elle avait dans la bouche. Toute la bonne éducation que j'essaie de leur inculquer au quotidien vient de s'envoler comme par magie.

Les cafés arrivent. Clémence, en voulant montrer à son papa un gros bobo sur le doigt, renverse une des tasses qui se déverse sur la table. La serveuse arrive à petits pas et crie à la patronne : " Nan, c'est bon, c'est que de l'eau !" Je pouffe. Jérôme, non. Il lui tarde de sortir de cet enfer tandis que moi, je m'en amuse. La note salée atténue un peu ma gaieté et achève Jérôme.

Ce petit épisode, dont je m'amuse vraiment aujourd'hui, n'a pas été le reflet de nos vacances avec nos enfants, qui se sont montrés plutôt sages dans l'ensemble. Mais franchement, ce qui nous a fait le plus de bien, c'est l'accueil de Christian, son extraordinaire gentillesse et la sensation rare d'avoir fait la connaissance d'une personne d'exception.

Pour lui rendre une petite visite, c'est par ici et par là.

L'art de la paresse

paris-musee-dorsay-van-goghs-la-meridienne-ou-la-sieste-dapres-millet-2.jpgSavoir paresser...Voilà peut-être l'une des valeurs fondamentales que mes parents ne m'ont pas inculquée. Elevée dans le respect du travail, on ne m'a jamais appris à ne rien faire. Je devais sans cesse être en perpétuel mouvement et paresser ne faisait pas partie de notre vocabulaire.

Et pourtant ... Devenue adulte, je me rends compte à quel point la paresse est non seulement admise mais aussi indispensable. Bien sûr, je ne vous parle pas de trouver toutes les atuces possibles pour ne plus jamais lever le petit doigt de votre vie. Non non, je parle de ces moments sacrés dans une journée (ou dans une semaine pour les plus acharnés) durant lesquels on s'octroye le droit de ne rien faire du tout. S'asseoir dans un divan moelleux, s'emparer d'un magazine, d'un livre, ou uniquement muni de son imagination, et se laisser porter par le plaisir de se recentrer sur soi. Certains préfèreront s'immerger dans un bon bain chaud dans lequel ils auront jeté quelques paillettes de savon. Ils savoureront cet instant si délicieux de plonger d'abord leur pied dans la mousse avant de toucher l'eau. Ils prendront le temps de se familiariser avec la douce chaleur qui s'en émane puis se hisseront dans la baignoire. Ils s'installeront délicatement, sentant chaque parcelle de leur corps se détendre au fur et à mesure de leur progression puis, s'allongeront, dans un soupir d'aise, les yeux clos. Le bain est un moment intimiste, presque égoïste. On ne fait rien d'autre que s'occuper de son bien-être.

Autre moment privilégié dont on aurait tort de se priver : la sieste. Aujourd'hui destinée aux jeunes enfants ou à nos anciens, la sieste a mauvaise presse et bien souvent, quand un adulte bien portant annonce qu'il va faire un petit somme en début d'après-midi, on lui demande s'il est malade. Mais depuis quelques temps, je vois fleurir dans les magazines (que je lis durant mes moments de paresse) des articles vantant les bienfaits de la sieste. Il était temps ! Dorénavant, les personnes qui se sentent coupables de se reposer juste après le déjeuner vont pouvoir se décomplexer et profiter pleinement de ces instants de repos salvateur.

Et pour les petits chanceux qui habitent la campagne, la sieste peut être un éveil de tous les sens. Montez tout au-dessus d'une colline, asseyez-vous à l'ombre de ce chêne centenaire et regardez autour de vous en inspirant profondément. Vous vous imprégnez alors d'un air pur aux douces senteurs végétales, tout en admirant un paysage verdoyant et buccolique. Votre corps frissonne légèrement, un sourire se dessine sur votre visage détendu et le chant des grillons accompagne votre rêverie. C'est à cet instant précis que Morphée vient vous cueillir. La paresse est alors élevée au rang d'art.

En un mot, pour vivre heureux, vivons paresseux.

Notoriété

111021162335971-13-000-apx-470.jpgBonjour à tous.

Nous sommes le 9 janvier 2013 et à l'aube de cette nouvelle année, il est encore temps de vous transmettre à tous mes meilleurs voeux. Que la santé, la bonheur et la réussite soient vos compagnons de route.

L'année commence plutôt bien pour l'activité de Styl'O. Quel ne fut pas mon bonheur de découvrir un reportage consacré à ce beau métier de biographe ! Afin de comprendre un peu plus ce que représente cette profession de "collecteur de souvenirs", comme le dit si joliment la personne interrogée, je vous mets le lien du journal télévisé de 13h de Jean-Pierre Pernault du 8 janvier. Ce qui nous intéresse se trouve à la 38e minute. La vidéo se trouve ici.

Bon visionnage et à bientôt,

Marie