amour

8 ans

8-ans-1.jpgAssis sur ton banc d'étudiant, tu semblais perdu. Visiblement étranger dans un univers qui n'était pas le tien, le regard porté vers l'ailleurs. Tu avais des rêves plein la tête mais des soucis comprimaient ton coeur. Je te sentais fragile, je te savais sensible. J'ai tout de suite compris que ce serait Toi.

Les années se sont écoulées, douces-amères, teintées de regrets et d'attente. Aux yeux de tous, tu étais mon meilleur ami, mon confident. Mais au fond de moi, tu étais bien plus que ça. Je papillonnais à droite, à gauche, tentant de t'effacer de mon coeur mais tu refusais de laisser ta place à quelqu'un d'autre. Vainement, j'essayai de me raisonner, persuadée que jamais je ne trouverai grâce à tes yeux. Tu étais ma peine perdue, ma cause désespérée. Le simple son de ta voix suffisait à me faire fondre, le fait de te voir enflammait ma passion déjà dévorante. C'était un supplice exquis, une adorable torture.

Puis, j'ai dû partir, te laissant dans les bras d'une autre. J'avais aussi ma vie à construire. Un long silence de trois mois a suivi mon échappée. Je ne t'oubliais pas, je n'y arrivais pas. Je pensais avoir trouvé celui qui arriverait à t'évincer mais de toute évidence, je m'étais encore trompée. Mon couple s'étiolait, petit à petit. Et ton image ne me quittait pas.

Un petit message envoyé, un autre reçu...et ma vie bascula. Tu étais célibataire ! Mon coeur, jusque-là endormi, se réveilla en sursaut. Tu n'avais pas le droit de me faire ça ! Non non non ! Tu étais une bien trop grande tentation et, de toute façon, je n'étais pas faite pour toi. J'ai ravalé ma fierté et mes larmes et j'ai voulu t'aider. T'aider à aller mieux déjà, te faire reprendre confiance en toi. Chaque fois que tu me parlais de rencontres, je me brisais en mille morceaux mais t'encourageais à retrouver quelqu'un. Te rendre inaccessible, tel était mon but.

Cela a duré plusieurs mois. De très longs mois durant lesquels mon couple s'épuisait. Je me raccrochais à l'espoir fou que nous puissions vivre quelque chose tous les deux. Mais je me traitais de folle et essayais de sauver ce qui pouvait encore être sauvé.

Un jour pourtant, il fallut que ça cesse. Je devais savoir. Je devais avancer. Je voulais t'entendre me dire que je n'avais aucun espoir, que je n'étais qu'une très bonne amie mais que jamais rien d'autre ne serait entre nous. J'avais ce besoin infini de cesser d'y croire. Cela durait depuis 8 ans, c'était bien trop long. Nos discussions étaient souvent virtuelles et c'est face à mon écran d'ordinateur que j'allais jouer mon destin.

Nous avons commencé par des banalités. Tu venais de fêter ton anniversaire en famille. Je venais, une fois de plus, de me disputer avec mon compagnon. Puis, j'ai pris mon courage à deux mains et t'ai demandé ce que tu ressentais pour moi. Tu m'as alors répondu qu'il existait plusieurs formes d'amour sur terre et que, d'un certain sens, tu m'aimais. Ta réponse m'a refroidie et ma gorge s'est nouée. Mais notre discussion a continué, sur le mode badin. Je t'ai alors annoncé mon intention de revenir chez moi, c'est-à-dire proche de toi. Tu ne m'as pas caché ta joie et m'a alors assuré de tes nombreuses visites. "Pourquoi viendrais-tu souvent me voir ?" "Parce que c'est toi !" "Oui, mais pourquoi ?" "Tu veux que je te le répète ?" "Oui" "Parce que JE T'AIME". Je me suis sentie exploser :  8 ans ! 8 ans que j'attendais ces mots ! 8 ans d'amour mêlé à la renonciation ! Mes larmes ont jailli, je riais et sanglotais à la fois. Le bonheur inouï de cet instant me faisait suffoquer. J'ai lu une centaine de fois ces incroyables mots que tu venais enfin de m'écrire avec la même émotion. Je venais de jouer mon destin et j'avais gagné !

Depuis, les années s'écoulent, douces et tendres à la fois. La vie avec toi n'est pas telle que je l'avais imaginée : elle est mille fois mieux. Tu as réalisé tous mes rêves, assouvi toutes mes envies. Tu as fait de moi une femme que je n'osais espérer devenir un jour. Je suis une maman heureuse et épanouie, une épouse comblée et fière de son mari.

Cela fait maintenant près de 14 ans que je t'aime. 14 ans ...Quand je sais ce qui nous attend, 14 ans, c'est vraiment rien du tout !

Dans leurs yeux

sky-in-his-eyes-by-yaninah.jpgDans leurs yeux

Dans leurs yeux, j'y vois la joie. Une joie angélique, fraîche, candide. Une étincelle qui brille, scintille et pétille.

Dans leurs yeux, j'y vois l'avenir. Un avenir beau et simple. Un avenir rempli d'espoirs et de promesses qui les comblera.

Dans leurs yeux, j'y vois la malice. Une malice attendrissante, émouvante, innocente. Une malice rieuse  qui dessine sur mon propre visage un sourire souvent complice.

Dans leurs yeux, j'y vois les larmes. Des larmes que j'essuie d'un tendre baiser sur leurs joues rebondies. Des petites larmes que j'aimerais tant ne jamais voir poindre mais contre lesquelles je suis et serai bien souvent impuissante.

Dans leurs yeux, j'y vois parfois la peur. Une peur bien irrationnelle : celle de ne plus trouver le chemin de mon coeur. Alors, je les rassure en leur murmurant dans le creux de l'oreille les mots que seul l'amour d'une mère est capable de dicter.

Mais surtout dans leurs yeux, j'y vois l'amour. Un amour vrai, sincère, sans fioriture ni détour. Un amour fort et indéfectible qui m'attendrit chaque jour un peu plus. Et c'est cet amour si beau et si pur que je leur renvoie en miroir, dans mes propres yeux.