Délivrance

  • Par styl-o
  • Le Ven 27 Déc 2013
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Comme je l'attendais ce rendez-vous ! Je comptais les jours, les heures qui me séparaient de lui. Je m'imaginais libre, revenue à ma vie d'avant. Mais avant toute chose, revenons sur le drame.

C'était le 26 novembre dernier. Je marchais d'un pas énergique et décidé sur les trottoirs de Pontarlier, sous un froid glacial. Le soleil rayonnait et m'empêchait de voir correctement sur mon écran de téléphone la route à emprunter pour rejoindre l'adresse que l'on m'avait donnée. Je continuais mon chemin tout en plissant des yeux pour tenter de comprendre ce fichu GPS. Soudain, mon pied dérapa sur une plaque de verglas et dans un bruit épouvantable, mon péroné se brisa. S'en suivirent une chute, un hurlement, les pompiers et les urgences. Retour à la maison avec une cheville qui a triplé de volume, un pauvre tampon d'alccol ("Revenez dans 5 jours, on verra ce qu'on fera à ce moment-là !") et du paracétamol codéiné pour me faire croire que je n'ai plus mal. 48 heures pus tard, je retournais aux urgences en menaçant le personnel de faire sauter l'hôpital s'il ne me plâtrait pas cette cheville ! Ce fut chose faite en partie, en me recommandant de revenir bien vite voir un orthopédiste vu qu'ils m'avaient plâtrée comme des sagouins. Le mardi suivant, soit une semaine après l'accident, j'arborais enfin fièrement une résine que je bénissais. Finies les douleurs et bonjour canapé ! Me voilà clouée à ce moelleux sofa jusqu'au déplâtrage prévu au 27 décembre. Je vous fais grâce des problèmes d'organisation que pose une immobilisation maternelle totale. Heureusement que Mamie était là ! En revanche, je suis devenue incollable sur les horaires des déchêts télévisuels et, croyez-moi, il y en a un sacré paquet !

Nous voici enfin au 27 décembre. La notion de déplâtrage sonne pour moi comme une renaissance, une mobilité nouvelle ! Je veux aller nager, me promener, prendre une douche debout et même faire mon ménage. Toutes ces petites choses banales du quotidien qui m'ont vraiment manqué. 10 heures sonnent : nous sommes à l'heure...mais pas le médecin. Il est au bloc et ne nous recevra qu'après l'intervention. Peu importe, je suis d'humeur guillerette. J'en profite pour lire les derniers potins et me cultiver encore un peu plus. Le chirurgien arrive enfin. Le déplâtrage se passe à merveille, ma jambe revit.

"Bon, on se revoit dans trois semaines !"

"Ah bon ?"

"Oui. Et bien sûr, interdiction de poser le pied pendant ce temps !"

"Vous plaisantez docteur ???"

Je comprends alors brutalement au silence du médecin que la plaisanterie n'est pas de la partie. J'ai juste envie de pleurer...un peu !

Pontarlier écrivain public Haut Doubs

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