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Pour ma marraine

247172Tu as reçu l'annonce de ta maladie comme une gifle : sèche, douloureuse, brutale. Il fallait faire vite, très vite, ta vie en dépendait. Tu as été opérée le jour de l'enterrement de ta meilleure amie, elle-même emportée par la même saloperie greffée sur ses poumons. Ce jour-là, deux parties de toi t'ont violemment été arrachées. Mais tu pleurais davantage sur le sort funeste de ton amie plutôt que sur le tien.

Je suis venue te voir dans ta chambre d'hôpital et ton sourire, bien que pâle, exprimait tout le courage dont tu faisais preuve. Tu en aurais besoin de ce courage pour mener ce long combat de souffrances qui t'attendait. Perdue dans mes petits tracas du quotidien, je n'ai pas pris la mesure de ce que tu t'apprêtais à vivre. Je te pensais sortie d'affaire, dès lors qu'on t'avait retiré la partie malade de ton corps.

Mais je me trompais....lourdement.

Tu as côtoyé l'enfer pendant une année, vomi tripes et boyaux après chaque chimiothérapie qui te laissait amorphe pendant plusieurs jours. Les rayons ont brûlé ta peau. Mais ces souffrances physiques n'ont pas entamé ta joie de vivre...Du moins en surface.

Pardonne-moi. Je n'avais pas compris tes peurs, tes angoisses et tes désespoirs. Je n'avais aucune idée de l'intensité de toutes ces émotions qui agitaient tes sens. Je crois aussi que je ne voulais pas le voir : ma propre terreur à l'idée de te perdre m'aveuglait sur ton compte. Je n'ai pas ressenti les abimes dans lesquels tu plongeais quand l'espoir t'échappait. Je n'ai pas ressenti ta détresse quand tu te retrouvais face à l'inconnu, et face à la mort. Tu balayais nos craintes d'un revers de la main et enfouissais tes sentiments derrière une bonne humeur de façade. Tu craignais de nous faire de la peine et continuais à répandre de la joie autour de toi. Tu refusais de voir la moindre larme versée sur ton sort. L'amour était ton moteur, le rire ta thérapie.

Tu t'es battue comme une lionne, n'abandonnant jamais ta vie entre les pinces de ce crabe maléfique. Tu ne pleurais pas sur ce sein perdu, tu préférais t'amuser de cette prothèse qui cherchait sans cesse à sortir de ton soutien-gorge. Tu ne t'apitoyais pas sur ton crâne devenu lisse comme un oeuf mais tu avais à coeur que ta famille ne te voie pas sans ton foulard ou ta perruque. Tu ne te plaignais jamais de tes blessures mais préférais entendre parler ceux que tu aimes, de leur vie simple qui continuait malgré tout.

Et surtout, tu regardais avec tendresse le ventre rond de Carole qui abritait ton premier petit-fils. Il était devenu ta meilleure arme. Tu voulais le voir naître, grandir et vivre. Il était hors de question que le cancer t'empêche de le connaître. Alors, tu as serré les dents, mené cette guerre à bras le corps, repoussé encore plus loin tes limites...Et tu l'as vaincu ! De rémission tu es passée à guérison alors que les médecins qui te suivaient murmuraient le mot "condamnation".

Par ces mots, je voulais t'avouer toute mon admiration. Ta vaillance et ta force t'ont permis de faire taire le pessimisme médical qui t'entourait. Tu leur as montré de quoi tu es capable. Et je ne t'en remercierai jamais assez ! Merci d'être toujours à nos côtés, merci de nous avoir montré ce qu'était le vrai courage, merci de continuer à nous faire rire (souvent) et réfléchir (parfois), merci de nous avoir montré de quoi nous pouvions être capables quand, en nous, brûle cette formidable envie de vivre.

Merci d'être toujours là.

Merci d'exister.

Dans sa tête...côté pile

Tears of my heart 467955 m"Elle vient de rentrer, toujours le même bruit de porte, toujours la même heure. Son parfum la précède à chaque fois. Je ne m'en lasse pas de son parfum, le même depuis que je la connais. Elle le portait déjà, ce fameux soir au théâtre où elle m'a fait tourner la tête et le coeur, où ma vie a radicalement changé. C'est comme une signature olfactive et si quelqu'un d'autre venait à utiliser le même, je le verrais comme un affront. Seule ma femme a le droit d'en asperger sa peau et ses foulards. Aaah, ses foulards...je me suis déjà surpris à enfouir mon nez dedans et à me remplir de ses senteurs. À chaque fois, une palpitation venait surprendre mon coeur endormi. C'était mon shoot, mon adrénaline, mon remède au blues. Qu'est-ce que je l'aime mon Amélie. Cela fait dix ans maintenant que je ne vis que pour elle et par elle. Elle m'a donné deux magnifiques petites filles qui sont mon rayon de soleil. Deux et quatre ans mes princesses. Emilie et Juliette. J'adore quand leurs rires d'enfant viennent chatouiller mes tympans. Elles sont la gaieté incarnée, la bonne humeur personnifiée."

Amélie posa rapidement ses affaires sur la chaise et s'assit près de son mari. Comme à son habitude, elle lui prit doucement la main et la caressa de la pulpe de son pouce :

"Bonjour mon chéri, tu vas bien ?"

Et dans un flot de paroles continues, elle parla de sa journée, de ce qu'elle avait fait, de ses envies, simples et réalisables, de son quotidien sans heurts ni fantaisie. Un peu morne pour tout dire. Le ton qu'elle employait était monocorde et l'enjouement avait disparu depuis longtemps.

"J'aime bien, quand tu me parles. Je ne te réponds pas parce-que je ne vois pas trop quoi ajouter mais le son de ta voix est une mélodie à elle-seule. Et ta main est toujours aussi douce."

Puis, elle se tut, pensive. Le silence envahit l'espace. Le pouce continuait ses caresses dans un geste mécanique. Soudain, elle ricana. Oh, comme il était triste ce ricanement.

"Mais à quoi pense-t-elle ? Sûrement au mal que je lui ai fait...Comme je m'en veux ! Je suis vraiment un crétin ! Comment ai-je pu lui faire ça ? À elle mais aussi aux filles ! J'ai tout foutu en l'air en une fraction de seconde... par vanité. La crise de la quarantaine ça s'appelle...Pffff, tu parles d'une connerie ! Je suis bien avancé maintenant. Mon avenir est fichu. J'ai tout gâché."

Le silence, lourd comme une chape de plomb, fut brisé par un petit frappement à la porte.

"Je reviens", murmura Amélie en se levant.

"C'est encore Lui, je le sais bien. Je ne peux pas t'en vouloir ma chérie, je ne peux plus vivre égoïstement. Je dois te laisser vivre ta vie et sans moi, ce sera nettement mieux. Tu pourras enfin avancer de nouveau. Je vais m'en aller et malgré tous tes efforts pour me retenir, tu sais très bien qu'il n'y a pas d'autres issues. Je ne peux plus gâcher davantage vos vies à toi et aux filles. J'ai fait le con, j'en paie le prix fort, c'est normal. Ca fait quoi, trois ou quatre mois que tu souffres autant à cause de moi ? Ca ne peut plus durer, j'en suis conscient. Je dois me comporter en homme et prendre mes responsabilités."

Elle rentra quelques minutes plus tard et reprit la main de son mari, un peu plus tendrement encore.

Son pouce essuyait sur son passage les larmes qui s'échouaient sur la main de son époux.

Il est à moi...Il est moi !

Silhouette 2 1066445 mMon corps ne m'a jamais appartenu.

Quand je suis née, il appartenait à ma mère. Libre à elle de le nourrir, de le laver et de le câliner. Elle l'a fait, et plutôt bien je dois l'admettre. J'étais toujours bien propre et bien repue. Des marques de rouge à lèvres sur mon front marquaient les élans de tendresse maternelle.

Enfant, je me fichais royalement de mon enveloppe corporelle mais encore là, l'autonomie n'était pas de mise. Ce n'est pas moi qui décidais des vêtements qui la couvraient ni de la nourriture qui la faisait fonctionner. Elle me servait à courir, jouer avec mes copines et faire des roues dans le jardin. Mon rapport au corps s'arrêtait là. Il était simple et naturel. Très rarement malade, il ne m'apportait que peu de désagréments et nous vivions en parfaite harmonie, bien que je ne me le sois pas approprié.

Au tout début de l'adolescence, on a décrété que mon corps n'était pas assez gracieux et présentait trop de rondeurs. À 11 ans, il subit donc son tout premier régime, drastique et contraignant. Il était alors la propriété d'autres personnes qui tentèrent de le modeler à l'image parfaite qu'elles se faisaient du corps d'une pré-pubère. Je devais donc être mince avec des jambes fines et fuselées et un visage effilé. Manque de chance, j'étais plutôt dodue avec des cuisses qui se touchaient et un visage poupin. À 11 ans, quoi de plus normal ? J'ai donc rapidement appris à me priver, me restreindre et avoir faim. Je ne le faisais pas pour moi, je m'en fichais copieusement. Je le faisais pour eux. Dommage qu'ils soient aussi difficiles à contenter. D'ailleurs, je crois qu'ils n'ont jamais été satisfaits au final.

Mon corps et moi vivions côte à côte et nous ne pouvions pas nous saquer. Je lui imposais des régimes et des règles stupides et lui me le rendait bien en enchaînant angines, pyélonéphrites, gastro et menstrues douloureuses. Les roues dans le jardin étaient crevées et je ne voulais plus vraiment courir, j'avais trop mal aux genoux.Et puis de toute façon, ça ne m'intéressait plus de courir, sauf si c'était pour perdre encore quelques grammes. Et au vu de la non-réaction de ceux qui voulaient voir ce corps s'affiner, j'ai préféré arrêter complètement et devenir feignante, discipline dans laquelle j'excellais !

Et puis un jour, mon corps a appartenu totalement à un autre, violemment, brutalement. Il avait été meurtri à jamais dans sa chair. Il venait de subir un terrible outrage. J'ai eu de la peine pour lui. Alors j'ai voulu le cacher, le protéger. J'ai enfoui sous des kilos de graisse ce corps modelé à coups de doigts enfoncés dans la gorge. Il devait disparaître, ne plus être une proie pour des prédateurs redoutables. De mince, il est passé à obèse en très peu de temps. Je fus d'une efficacité folle et le chocolat se montra particulièrement profitable. Dans un sursaut de déprime, je resombrais dans mes travers de boulimique et reperdais un peu de poids avant d'en reprendre davantage. L'effet yo-yo il paraît. Un jeu qui ne m'amusait plus du tout.

Je trainais ce boulet derrière moi. Je n'y prêtais guère attention à nouveau en dépit de ses nombreuses sollicitations. Du coup, je devins copine avec mon médecin que je voyais très régulièrement. À force d'ignorer mes gouttes au nez et ma gorge qui pique, mon corps se rebellait et me balançait des milliards de bactéries qui faisaient atteindre des sommets au thermomètre et me rendaient amorphe des semaines complètes. Le mépris était mon traitement favori mais aussi le plus inefficace.

Je couvrais ce tas de chairs de fringues plus informes les unes que les autres. En noir de préférence. Non pas pour l'affiner mais pour le faire disparaître. J'ai fini par le rendre parfaitement insignifiant. Il n'appartenait plus à personne.

Et puis, dans ce corps, un coeur s'est mis à battre, très fort. L'homme que j'aimais depuis toujours venait de me faire renaître. Une brève réconciliation avec mon corps avant qu'il n'appartienne à quelqu'un d'autre : mes enfants. Pendant plus de 4 ans, mon ventre se fit usine à bébés. 4 grossesses, 3 bébés, je ne lui ai pas laissé beaucoup de répit. Et bien sûr, ce rancunier me fit bien sentir les 20 dernières années de maltraitance. Les grossesses ont été assez éprouvantes et parce-que la dernière me paraissait trop facile, j'ai décidé de me péter un péroné, histoire d'ajouter un peu de piquant au premier trimestre. Je l'aide même dans son entreprise de démolition !

Mais il m'a fait les plus merveilleux cadeaux du monde ce corps tant délaissé. Alors, je le regarde un peu autrement. Enfin, je le regarde, tout simplement. Le pauvre...Comment ai-je pu lui faire autant de misères ? Comment ai-je pu laisser autant de personnes décider de sa destinée dans ma jeunesse ? Jusque-là, il ne m'avait apporté que tristesse et frustration. Aujourd'hui, il m'a permis de me révéler, de me faire accéder à mes rêves les plus fous : devenir la femme de l'homme le plus merveilleux de la Terre et avoir de lui trois beaux enfants.

Et j'ai eu ce déclic, cette incroyable révélation : plus personne n'aura de droit sur lui. C'est MON corps ! Je n'autoriserai plus que quiconque me fasse la moindre réflexion ou ne me dise quoi faire. Il a appartenu à bien trop de monde mais pas à moi. Parce-que je ne le pouvais pas et parce-que je ne le voulais pas. Maintenant, c'est mon pote. Je l'aime pour ce qu'il est et pour ce qu'il m'a fait. À moi désormais de lui offrir le meilleur. La hache de guerre est enterrée ... pour toujours !

Poltergeist

Touch 1369968 mLa chambre bleue

Je n'ai jamais aimé cet appartement. Il était beau pourtant, très grand et moderne. Mais je m'y sentais mal à l'aise, surtout dans l'ancienne chambre du nourrisson.

J'y venais pour garder un petit garçon alors âgé de 7 mois. Un amour de bébé dont je m'occupais avec un plaisir non feint plusieurs jours dans la semaine et quelques soirées. Il était calme et sage mais dès que l'on s'approchait de sa chambre pour le coucher, il manifestait une certaine agitation. Ses parents avaient donc rapidement décrété que leur fils était un petit dormeur. J'avais pour consigne de le laisser pleurer un peu dans son lit afin qu'il trouve lui-même son sommeil. Une pratique que je ne faisais jamais, ressentant fortement le malaise de l'enfant. Cette chambre, entièrement peinte en bleu, était toujours froide. Je frissonnais à chaque fois que je m'y rendais et craignais, comme Bastien, l'heure du coucher.

L'appartement avait une forme de "T". L'entrée se faisait au début d'un long couloir qui desservait trois chambres et deux salles de bains pour aboutir dans une immense pièce à vivre. La chambre bleue se situait sur la droite, tout de suite en entrant. Les autres pièces étaient à l'autre bout du corridor ce qui faisait que l'endroit était très isolé du reste du logement. Il y avait du carrelage partout sauf dans le salon dont le sol était recouvert d'une épaisse moquette blanche.

Un jour, je décidai de discuter avec Murielle, la maman, avec qui je m'entendais particulièrement bien :

"Pourquoi vous avez mis Bastien si loin de vous ?

- Pour ne pas le déranger quand il dort...mais je n'aime pas cette chambre, y a un truc qui cloche...

- Je ne l'aime pas non...Vous n'avez jamais pensé à l'installer dans le bureau ? Il serait tout près de vous comme ça ! Et je ne pense pas que le bruit le gêne, bien au contraire, ça le rassurerait.

- Oui, tu as sans doute raison ! Ca fait quelques jours que ça me travaille, je pense qu'on va faire le changement ce week-end !"

La semaine suivante, Bastien dormait effectivement dans sa nouvelle chambre et avait retrouvé son calme et sa sérénité, même au moment du coucher. La chambre bleue devenait le bureau paternel et je n'avais plus aucune raison d'y mettre les pieds, à mon gand soulagement.

Puis, un soir...

20h30, je frappe délicatement à la porte. Les parents sont de sortie, je suis donc de baby-sitting. Bastien est déjà couché quand j'arrive. Après les consignes d'usage, Murielle et Bertrand s'en vont, me laissant seule face à un programme télévisuel désolant. L'écran me distrait en début de soirée. Je regarde d'un oeil une émission affligeante, tout en caressant l'un des deux chats de la maison. L'autre félin m'ignore copieusement et ronronne sur la moquette du salon. J'ai éteint toutes les lumières de l'appartement, exceptée une petite lampe près du sofa qui libère un halo pâle et chaleureux. Après deux heures de diffusion de néant absolu, la télévision est redevenue silencieuse. Je me pelotonne dans les coussins moelleux du canapé et m'empare du roman que j'ai emporté avec moi. Les chats se sont assoupis sur les accoudoirs, en direction du couloir. Il n'y a plus aucun bruit, c'est le calme absolu.

Je me plonge dans mon livre que je dévore pour la troisième fois.

Les pages défilent, les heures aussi.

Soudain, un frisson m'envahit, puis un deuxième, plus violent. Mon coeur se met à battre à tout rompre : j'ai très froid et je suis terrorisée sans aucune raison. Les chats se sont redressés sur l'accoudoir, le poil hérissé et ils soufflent en direction de la coursive. Le canapé étant collé contre le mur, dos au couloir, je ne vois rien de ce qui s'y passe. Mais les animaux ne cherchent pas à fuir, comme si la peur les avait collés au canapé. Tout à coup, une porte claque. Mes doigts se crispent sur mon livre et je sens une sueur froide glisser le long de mon dos. Un lent grincement de gonds et des bruits de pas foulant un parquet se font entendre. Des murmures surgissent de ce couloir plongé dans le noir tandis que des rires d'enfants fusent de toutes parts. Je voudrais bouger mais la terreur me pétrifie. Mes yeux, agrandis par la peur, sont braqués en direction du corridor mais la position du sofa m'empêche d'y voir quoi que ce soit. Tout se passe derrière moi. J'entends des souffles rauques et des râles sourds. Je perçois des bruits de course-poursuite. Ca crie, ça rit, ça chuchote et ça pleure. L'atmosphère est devenue glacée. Les rires d'enfants deviennent des ricanements, les murmures s'intensifient, ponctués de soupirs et de gémissements. Les pas se rapprochent. Je ferme les yeux et j'étouffe un sanglot.

Soudain, un hurlement retentit. C'est Bastien. Et tout s'arrête.

Plus aucun bruit, plus de rires ni de lamentations. Tout semble s'être volatilisé. Le silence s'est posé à nouveau, telle une chape de plomb. Il est devenu aussi angoissant que cet tumulte venu des ténébres. Cela n'a duré que quelques secondes mais elles avaient un goût d'éternité. Les chats sont redevenus calmes et se sont recouchés, comme si rien ne s'était passé. Mon livre, froissé par mes mains moites, tombe à mes pieds.

J'essuie du revers de la main les larmes qui ont coulé le long de mes joues. Je me lève en tremblant et rallume toutes les lumières. Je crève de trouille mais je dois aller voir le bébé. Le couloir est baigné de lumière désormais et un détail me saute aux yeux : toutes les portes sont ouvertes sauf celle de la chambre bleue.

Je trouve Bastien endormi et paisible. Je referme doucement sa porte et me redirige vers le salon, en priant que les parents reviennent vite. J'empoigne l'un des chats au passage et le serre contre moi. Sa chaleur et son ronronnement me réconfortent. Je le garde sur mes genoux jusqu'à ma libération.

Epilogue

La famille a rapidement déménagé, bien que je n'ai parlé à personne de ce qui s'était passé. C'est bien plus tard que j'ai raconté à Murielle l'horrible soirée passée chez eux. Elle m'a avoué qu'elle s'y sentait très mal à l'aise et qu'elle était soulagée d'en être partie.

Quand je suis passée devant la chambre bleue ce soir-là, elle m'a parue plus froide et effrayante que d'habitude et mon pas s'est machinalement accéléré devant la porte.

Je n'ai jamais aimé cet appartement.

Ca devait arriver...

A cup of tea 2 287865 mJe ne comprends pas. Comment cela peut-il m'arriver à moi ?? Ca me tombe sur le coin de la tronche sans crier gare ! Je n'étais pas prête moi ! En tout cas, je ne m'attendais vraiment pas à ça. Et me voilà toute paumée, vide, sans jus, sans plus rien qui m'anime.

Je ne savais pas que ça pouvait être autant flippant !

Bon, je vous explique et vous refais la scène.

Avant toute chose, j'y pense, longtemps. Ca tourne dans ma tête, ça vit, se transforme et finalement, ça donne quelque chose d'assez construit (enfin, je crois). Une fois que tout est en place dans mes neurones, je m'installe avec un thé (de Russie de préférence) et hop, je lance la machine.

Mais là, rien. Ca fait des semaines que j'essaie de démarrer un truc mais ça n'aboutit jamais. C'est du grand n'importe quoi, ça ne mène nulle part, ça n'a ni queue ni tête, je m'empêtre dans des situations invraisemblables ... Je crois qu'en donnant la vie il y a trois semaines, j'y ai laissé un peu de matière grise au passage.

Je suis donc passée directement à l'étape suivante : je me suis fait un thé (malheureusement, je n'ai plus de thé de Russie et me suis rabattue sur un thé d'Orient...Il est bon, mais c'est pas pareil quand même !), je me suis mise en situation ... et rien, nada, niente ! Le néant absolu, probablement le même qui anime Nabilla au quotidien (devoir taper son nom dans mon moteur de recherche pour en connaître l'orthographe précis m'a plongée dans une certaine perplexité quant à ma santé mentale.) Bref, mon thé refroidit et je suis au point mort. Mon bébé ronfle à mes côtés. Je voulais en faire ma muse mais ça aussi, ça a échoué. Je le regarde avec des yeux de merlan frit, pétrie d'amour mais hormis une petite larme au coin de l'oeil, rien ne point en moi. C'est désespérant.

La question est : comment m'y remettre ? Comment me sortir de ce marasme et redevenir prolifique comme avant ?

Je dois commencer par me procurer à nouveau du thé de Russie, l'Orient étant totalement inefficace sur mon intellect. Et si j'y trempais quelques Speculoos ? Mmmmh...Non, mauvaise idée : je vais engraisser mes fesses mais pas nourrir mon esprit.

Essayer de me recentrer sur moi-même ? J'en ris d'avance ! "Mamaaaaaan, j'ai soif !!" "Mamaaaaan, je veux faire caca !!" "Mamaaaaan, j'ai fini !!" "Ouiiiiiiiiiin"...Mes enfants n'ont pas ce sens de la tranquillité auquel j'aspire tant. Je ne leur ai pas transmis ce gène (mais bon, là où il y a du gène, y a pas de plaisir !).

Faire fi de tout ce tohu-bohu et réussir, comme toute femme accomplie, à exécuter plusieurs choses à la fois ? Comme, par exemple, échafauder mentalement une histoire qui tienne la route tout en changeant d'une main une couche copieusement remplie et en lisant avec empahse un "Oui-Oui va au marché" d'une autre.

Alors oui, j'y suis, en plein dedans ...

Saloperie de syndrome de la page blanche !!

Camille

A man against the setting sun 1088202 mAssis sur son lit, les jambes en tailleur, Laurent regarde en soupirant une photographie de Camille. L'image est un peu froissée, en raison sûrement des longs séjours passés dans le portefeuille de Laurent ainsi que des nombreux baisers qu'elle a déjà reçus. Sur cette photo, Camille sourit à pleines dents et son oeil mutin révèle toute sa personnalité jeune et espiègle.

Laurent l'aime d'un amour fou, passioné, presque déraisonné. Ses élans prennent parfois des allures d'hystérie. Jaloux à en crever, il n'accepte pas que quelqu'un l'approche de trop près ni ne lui parle dans le creux de l'oreille. Cette promiscuité lui est intolérable et il n'hésiterait pas un seul instant à ériger un mur de flammes autour de l'objet de ses pensées afin d'éloigner les prétendants une bonne fois pour toutes. Ses tenues, parfois trop sexy et provocantes, déclenchent chez lui un tsunami de colère mais aussi, paradoxalement, un fort sentiment de fierté. Il aiment alors se promener à ses côtés, lui tenant fermement la main et jetant des regards intimidants à tous ceux qui se permettaient de rester fixés trop longtemps sur sa chute de reins. Être amoureux à dix-huit ans, ce n'est pas vraiment un long fleuve tranquille mais c'est justement cette force de sentiments qui faisait autant vibrer le jeune homme.

Pourquoi Camille ? Physiquement, il craque inévitablement sur ses longs cheveux qui tombent en cascades dorées sur ses minces épaules et son visage angélique, sur lequel pétillent deux grands saphirs d'un bleu profond, ferait se damner un saint. Ses lèvres fines cachent de belles dents blanches et sa taille élancée trahit les longues heures passées à prendre soin de son corps. En plus de sa beauté indéniable, Camille jouit d'un charme magnétique. Peu de gens résistent à son humour et son intelligence. Bien sûr, la perfection n'est pas de ce monde et quelques défauts viennent nuancer ce portrait idyllique. Colérique souvent sans raison, d'humeur changeante et variable, Laurent ne sait pas toujours sur quel pied danser quand il se retrouve en sa compagnie. Au fil du temps, il a appris à faire avec et à s'éclipser quand le temps tourne à l'orage. Mais ces quelques nuages ne parviennent pas entamer l'immense ciel bleu dans lequel baignent les amoureux depuis maintenant six mois.

Quand il fait le tour des nombreuses qualités de Camille, Laurent se dit que ce n'est pas bien difficile d'en tomber amoureux. Si sa mère a accueilli cette relation avec bienveillance tout en regardant d'un oeil attendri les tourtereaux se murmurer des promesses d'éternité et de fidélité, son père, quant à lui, rejette tout en bloc. Il refuse d'être en présence du couple, ne supporte pas que son fils puisse fréquenter Camille, allant jusqu'à utiliser des mots injurieux à leur encontre quand ils ont le malheur de le rencontrer. Ils en souffrent terriblement, même si Laurent s'y attendait au fond de lui. Il connait parfaitement son père et savait que jamais il n'accepterait une telle situation pour son fils. Ce notaire de renom avait plutôt rêvé d'un mariage avec une jeune femme de sa condition, élégante et racée et qui lui donnerait un jour une tripotée de petits-enfants à câliner et voir grandir. Mais Camille était à l'opposé de tout ça et ne remplirait jamais les voeux de ce père exigeant.

La situation s'était alors dégradée jour après jour. Son père ne lui adresse plus du tout la parole et Laurent se voit désormais contraint de prendre ses repas seul, reclus dans le salon. Sa mère, sous le joug de ce mari autoritaire, n'ose plus rien dire pour sauver la dignité de son fils. Elle baisse les yeux devant lui, coupable de faiblesse. Elle aime bien Camille mais elle comprend aussi les réticences de son époux. Elle se plie donc à ses volontés en refusant d'héberger sous leur toit ce que le patriarche appelle « des amours interdites ». Laurent ne voit plus Camille qu'en cachette de ses parents, au cinéma le plus souvent. Les films récemment sortis n'ont plus aucun secret pour eux. Mais cela les pèse terriblement et peu à peu, ils prennent conscience que leur histoire de ne résistera pas à une telle pression. Laurent avait reçu pour ordre de rompre immédiatement, sous peine de se voir destitué de tout héritage et chassé de la maison.

La photo qu'il tient fermement reçoit une larme, puis deux. Laurent ne pourra jamais renoncer à Camille mais sa jeunesse et son manque de courage l'empêchent aujourd'hui de faire face à son père. Il sait la bataille perdue d'avance. Mais son désespoir est de voir Camille s'éloigner petit à petit et ça, il ne peut s'y résoudre. Il doit trouver une solution. Fuir ? Résister ? Imposer cet amour en dépit des idées arrêtées de son père ? Prendre le risque de tout perdre ? Étant fils unique, son avenir est d'ores et déjà assuré et confortable. Mais le vivre seul, où est l'intérêt ?

Son poing se serre autour de la photographie et comme si elle pouvait l'entendre, il souffle ses mots :

« Je ferai tout ce qui est mon pouvoir pour être à tes côtés et faire ton bonheur chaque jour : tu es mon amour, ma vie, mon homme ! »

Regarde-toi ma fille !

Shoes 93756 640Comme chaque matin, Soline se planta devant son miroir, simplement couverte des seuls sous-vêtements qui lui allaient encore. Ce qu'elle vit dans le reflet la fit grimacer. Son corps disgracieux hantait ses esprits jour après jour : elle ne supportait plus de voir ce qu'elle était devenue. Elle était grosse et informe. Ses jambes la gênaient pour marcher, son ventre, énorme, ressortait bien malgré elle. Et que dire de ses bras que la gravité faisait pendre vers le sol ? Elle soupira. En dépit de ses efforts, rien ne changeait. Sa mère ne la considérait pas plus qu'avant et son père ... Savait-il au moins qu'il avait encore une fille ? «En même temps, qui pourrait lui reprocher de rejeter un boudin pareil ?», ricana-t-elle. Cela faisait pourtant des mois qu'elle faisait attention à sa nourriture et faisait du sport. Elle voulait perdre ces cinq fichus kilos qu'elle avait pris pendant l'été mais ce corps d'adolescente qui n'en finissait pas de changer freinait considérablement sa progression. Elle avait l'impression que plus elle faisait d'efforts et plus elle grossissait. C'était désespérant. Elle s'empara de son pull le plus large pour l'enfiler lorsqu'une main énergique le lui arracha des mains. Elle se sentit bousculée et se retrouva à nouveau devant le psyché.

« Regarde-toi !! Non mais regarde-toi !!! Regarde à quoi tu ressembles !!» hurla sa mère, prise d'une sombre colère.

- Oui, je le sais bien maman ... Je ne suis pas aveugle ! marmonna Soline.

- Tu ne peux pas rester comme ça ! Je n'ai pas le droit de te laisser comme ça !

- Fous-moi la paix ! Tu crois que je t'ai attendue pour réagir ?

- Tu perds la tête ! Je t'emmène chez le médecin ce matin !

- Pour quoi faire ?? Il n'en a rien à faire que je sois grosse !! Il va me filer un régime, des pilules pour maigrir et toi, tu vas perdre vingt-trois euro !!»

Sa mère la toisa, interloquée. Sans un mot, elle sortit de la chambre de sa fille, la laissant tremblante de rage. Alors qu'elle se plaignait que sa mère ne la considérait plus, voilà que maintenant elle s'était mise en tête de la faire soigner ! Elle n'avait décidément rien compris !

Elle s'habilla à la hâte. Elle ne voulait plus voir son corps, il lui avait causé assez de soucis pour ce matin. Elle chaussa ses baskets, bien décidée à aller courir. C'était un exercice difficile : elle s'essouflait très vite et souffrait de ses jambes. Mais elle s'y contraignait tous les jours, elle ne devait rien lâcher. Elle passa devant sa mère qui la regarda partir, sans mot dire.

Soline avala ses quatre kilomètres de course. Elle n'arrivait encore pas à aller au-delà, alors que cela faisait des mois qu'elle s'entraînait. Mais sa condition physique ne lui permettait pas d'en faire plus. C'est épuisée mais satisfaite qu'elle arriva chez elle. Une voiture qu'elle ne connaissait pas était stationnée devant le perron. «Encore une copine de ma mère», pensa-t-elle. Elle fit quelques étirements. Ses articulations étaient particulièrement douloureuses. Sa colère de la matinée lui avait donné des ailes et elle avait effectué son parcours en moins de temps qu'à l'accoutumée. Elle reprit son souffle avant de pousser la porte.

Lorsqu'elle entra, elle se trouva nez-à-nez avec le Dr Colin, leur médecin de famille qu'elle n'avait pas vu depuis au moins trois ans. Lorsqu'il la vit, le visage du praticien changea d'expression. Son sourire se figea et Soline lut dans son expression tout le dégoût qu'elle lui inspirait.

«Viens t'asseoir Soline,» lui dit-il avec douceur.

Soline obéit et prit place sur le canapé. Sa mère se tenait dans l'encadrure de la porte et la regardait avec une profonde tristesse. Soline lui lança un regard noir. Elle lui en voulait terriblement pour ce traquenard. De quel droit se permettait-elle d'aller à l'encontre de sa volonté ?

Elle sentit un brassard s'enrouler autour de son bras. Le médecin avait commencé son examen par la prise de sa tension. «Il ne va pas être déçu, pensa-t-elle. Je ne suis même pas sûre qu'il arrive à la trouver sous cet amas de graisse ! Mais bon, je viens de courir, ça doit taper fort quand même !»

L'appareil se dégonfla et la mine du Dr Colin confirma les pensées de Soline.

Un bruit métallique se fit entendre. La mère venait de poser le pèse-personne familial aux pieds de sa fille.

«Va te peser Soline, ordonna le docteur.

- Non, répondit la jeune fille. Hors de question !

- Je dois savoir combien tu pèses, c'est primordial !

- Non je vous dis !! Vous ne me ferez pas monter sur cette foutue balance !

- De quoi as-tu peur ? De la réalité ?

- Oui ! Je ne veux pas connaître mon poids ! Ca se voit que je suis trop grosse alors pas besoin de mettre des chiffres sur cette vérité !

- Soline, pèse-toi !!» Le ton employé par le médecin la fit sursauter. Elle se résigna. Elle ôta ses baskets et son pull et grimpa sur l'horrible machine. Elle ferma les yeux.

«Oh mon dieu, c'est pas vrai !»

Sa mère étouffa un sanglot.

«Ouvre les yeux Soline ...»

Elle prit une grande inspiration et au prix d'un effort colossal, elle souleva ses paupières et baissa la tête. Contre toute attente, elle se mit à rire :

«Elle déconne plein pot notre balance !

- Non, elle fonctionne très bien.

- Si elle déconne ! rétorqua-t-elle d'une voix mal assurée

- Non, ce que tu vois là, c'est ce que tu essaies de dissimuler depuis trop longtemps. Je vais appeler une ambulance, tu ne peux pas rester comme ça ! Avec une telle tension et un tel poids, ta vie ne tient plus qu'à un fil.

- Mais ... mais ... C'est pas possible !» Des larmes ruisselaient le long de ses joues. Elle sentit un bras lui entourer les épaules et les doigts de sa mère lui caressaient les joues. Elle resta immobile un long moment, les yeux plongés dans le vague. C'était donc ça ses douleurs et ses vertiges ? Voilà donc la raison pour laquelle les gens la regardaient avec autant de pitié ?

«Tu vas y arriver ma chérie, tu vas t'en sortir.»

Soline se blottit contre sa mère. Comment en était-elle arrivée là ? Comment avait-elle pu se détruire autant ? Comment ... ? Pourquoi ... ? Les questions se bousculaient dans sa tête. Sa mère la serra un peu plus fort, faisant ainsi craquer les os fragiles de sa fille. Le chiffre annoncé par le pèse-personne était encore pire que ce qu'elle avait imaginé. Trente-quatre kilos. Sa fille ne pesait plus que trente-quatre malheureux kilos alors qu'elle avait déjà atteint sa taille adulte. Ses larmes de culpabilité se mêlaient à celles de son enfant. Quelle mère était-elle pour avoir laissé ainsi dépérir sa fille alors qu'elle l'avait sous les yeux tous les jours ? Etaient-ces simples mots «Tu n'aurais pas pris un peu de poids ma chérie ?» qui avaient tout déclenché ? Pourquoi n'avait-elle rien vu ? La chair de sa chair lui pardonnera-t-elle un jour de l'avoir autant négligée ?

Mère et fille ne purent plus prononcer aucune parole.

Dehors, la sirène de l'ambulance hurlait.

Les 10 trucs que tu fais quand t'es vraiment fatigué

Study 2 656292 mLa fatigue, ce formidable état second durant lequel il peut t'arriver plein de choses. Voici le top 10 des trucs que tu ne fais que quand t'es vraiment fatigué (testé et approuvé par moi-même ... pour la plupart ! Je vous laisse le plaisir de deviner lesquels.)

1 : Tu rentres des courses d'un pas las, tu ranges toutes tes affaires en baillant puis tu passes trois jours à rechercher ton portemonnaie. Ce dernier prenait tout simplement le frais entre les yaourts et le fromage.

2 : Henri Dès chante "Je suis avaec maman, je suis avec papa...etc" sur l'autoradio, repris en choeur par deux enfants survoltés. Et toi, tu pianotes sur ton volant en te demandant pourquoi diable ce feu rouge est si long. Puis au bout de cinq bonnes minutes d'attente, tu prends conscience que ce stop ne passera jamais au vert !

3 : Ca te revient subitement ! Tu te précipites donc la cuisine, d'un pas alerte puis, arrivé devant l'évier, tu te demandes ce que tu fous là.

4 : Au téléphone : "Ok, c'est noté. Merci beaucoup. Gros bisous." La prochaine fois, essayer de se souvenir qu'il s'agit d'un agent des impôts.

5 : Il en met bien du temps à chauffer ce lait. Snif, snif...C'est quoi qui pue comme ça ?? Le torchon laissé sur la plaque que tu as allumée il y a dix minutes dans l'espoir de boire du lait chaud. La casserole est, quant à elle, toujours aussi fraîche !

6 : Te faire expliquer le dernier sketch de Kev Adams parce que tu le juges trop compliqué.

7 : Rigoler comme un dingue à l'explication du-dit sketch, terminer en fou rire, t'étouffer.

8 : Le téléphone sonne, tu te précipites pour répondre (en te fracassant l'orteil sur la table basse au passage) et fais "Allô" à la télécommande.

9 : Errer dans les rayons du supermarché et saluer un client : "Bonjour monsieur...euh pardon, madame !" "Pas grave mon chéri..." C'était maman.

10 : Cela fait dix bonnes minutes que tu t'échignes à aplatir ton épis rebelle avec ta laque habituelle. Les particules volent autour de ta tignasse mais rien ne semble vouloir en venir à bout. En plus, elle fouette cette laque, un peu comme le produit pour les toil...Ah ben voilà, c'est ça ! Tu sens la fraîcheur marine pour toute la journée maintenant !

Bonne nuit à tous !